Primés dans les festivals

A peine j'ouvre les yeux (2015)
Leyla Bouzid
Tunisie
102′
Tunis, juste avant la chute du président Ben Ali. Farah vient d’avoir son bac, rêve de musique et joue dans un groupe de rock contestataire. Elle aime, boit et chante dans des cafés où il n’y a que des hommes. Sa mère a peur et voudrait la protéger contre elle-même. Leyla Bouzid nous offre un film d’une vivacité incroyable et, d’une certaine manière, un hommage à une jeunesse qui voudrait vivre, elle aussi. Une jeunesse tunisienne Été 2010. Farah vient de réussir son bac avec mention. Sa famille fait la fête et la voit déjà étudier la médecine. Mais ce n’est pas ce que voudrait la jeune fille qui chante dans un groupe de rock contestataire et rêve de faire musicologie. Alors elle sort la nuit, malgré les promesses faites à sa mère, boit et chante, aime, enfin, Borhène, le parolier et leader du groupe. Elle fait tout cela avec la fougue et l’énergie de la jeunesse. Sa mère essaie bien de la brider en l’absence de son père qui travaille loin de Tunis. Mais rien n’y fait, elle veut vivre, à l’image de toute une jeunesse qui supporte de moins en moins la police secrète de Ben Ali. Celle-ci commence à s’intéresser à ce groupe qui prend trop de libertés: des concerts sont annulés et un ami de sa mère, la prévient: sa fille est en danger elle aussi. Hayet décide alors d’envoyer Farah à Gafsa, rejoindre son père. Au moment de prendre le taxi collectif, Farah disparaît.Leyla Bouzid insuffle autant d’énergie dans son premier film que la jeune Baya Medhaffer met à incarner son personnage de Farah. La caméra de Sébastien Goepfert suit le mouve-ment avec la même fougue, captant les envies de liberté de la jeune fille et de ses amis avec une maestria remarquable. À peine j’ouvre les yeux est un film fait de coups de poing, où s’opposent les émotions des protagonistes du récit. Aux envies de vivre de la fille, la mère répond par l’inquiétude et la crainte, donnant l’image d’une femme conservatrice. Puis, tout bascule avec la disparition de sa fille, une autre femme apparaît, courageuse, prête à mordre. Leyla Bouzid saisit et met en scène ce changement d’atmosphère, où l’angoisse prend le pas sur l’envie de vivre, avec autant de justesse qu’elle suivait les escapades des jeunes gens. Quelques mois avant la chute du président Ben Ali, voici un superbe instantané du climat régnant en Tunisie. Pas de démons-tration, juste du beau cinéma. Martial Knaebel
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A Separation (2011)
Asghar Farhadi
Iran
123′
Simin voudrait quitter l’Iran avec son mari Nader et leur fille Termeh. Elle a entrepris toutes les démarches nécessaires et tout réglé en prévision de leur départ. C’est alors que son mari lui fait part de ses scrupules : il ne veut pas abandonner son père qui souffre de la maladie d’Alzheimer. Nader annule le voyage. Simin dépose alors une requête de divorce auprès du tribunal des affaires familiales. Sa requête étant rejetée, elle quitte le domicile conjugal et retourne vivre chez ses parents. La petite Termeh décide de rester avec son père tout en espérant que sa mère reviendra bientôt à la maison. Confronté aux nouvelles circonstances, Nader a du mal à se débrouiller, ne serait-ce que par manque de temps. Il engage alors une jeune femme pour s’occuper de son père malade. Razieh est enceinte et elle accepte cet emploi sans en informer son mari. Un jour, en rentrant du travail, Nader trouve son père tout seul à la maison ; le vieil homme déficient est en outre attaché à une table. Quand Razieh est de retour, la réaction de Nader a des conséquences tragiques qui bouleversent non seulement sa propre existence mais affectent aussi l’image que sa fille avait jusqu’alors de lui.
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Abluka (2015)
Emin Alper
Turquie
119′
En liberté conditionnelle, Kadir cherche à reprendre contact avec son jeune frère Ahmet dès sa sortie de prison. Mais ce dernier ne semble pas intéressé à renouer avec son aîné. Autour d’eux, c’est le chaos total, les bruits de bottes succèdent aux explosions. C’est un Istanbul apocalyptique que nous montre Emin Alper dans un suspens haletant de bout en bout. De la suspicion à la folie Nous sommes dans un avenir à la fois proche et indéfini. Istanbul est secoué par des explosions presque quotidiennes. Des groupes armés se dissimulent dans les bidonvilles qui entourent la ville et que la police chasse sans ménagement. C’est ce climat de suspicion, de peur et de violence que découvre Kadir à sa libération. Il a été condamné à vingt ans de prison pour crime. Deux ans avant l’accomplissement de sa peine, on lui octroie une liberté conditionnelle pour autant qu’il intègre un groupe chargé de fouiller les ordures pour y trouver des objets qui pourraient servir ou avoir servi à la fabrication de bombes. Le premier geste de Kadir est de rendre visite à son jeune frère qu’il a quitté alors qu’il n’était qu’un enfant. Cependant, Ahmet ne semble pas enclin à renouer les contacts avec son aîné. Il est engagé par la municipalité pour tuer les chiens errants. Mais il en soigne un en cachette dans sa maison. Affolé à l’idée d’être découvert, il ne répond pas aux appels de son frère. Kadir est alors persuadé qu’il est retenu en otage ... Nul besoin de lourds et dispendieux effets spéciaux pour créer une atmosphère paranoïaque et anxiogène. Amin Alper a su choisir ses décors, user de la lumière, travailler la bande son et, surtout, diriger des acteurs hors pair pour créer un climat de suspens et de malaise qui scotche le spectateur à son fauteuil. Le réalisme des scènes de jour et d’extérieur, où Kadir et Ahmet vont travailler chacun de leur côté, s’opposent aux nuits solitaires et fantasmatiques des deux hommes dont le montage subtile entrelace les cauchemars et les hallucinations de l’un ou de l’autre au milieu du silence oppressant d’une ville où les vrombissements des lourds convois militaires répondent aux secousses des explosions nocturnes. Abluka démonte superbement le mécanisme qui, de la suspicion, mène à la folie.
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An Episode in the Life of an Iron Picker (2013)
Danis Tanović
Bosnie et Herzegovina
74′
Nazif, rentrant de son travail, voit sa femme Senada se tordre de douleur. Le médecin leur apprend que l'enfant à naître est mort et qu'elle doit absolument se faire opérer de toute urgence. Mais la clinique de la région refuse de pratiquer l'opération car le couple n'a ni argent, ni assurance. Lorsque Danis Tanovic lit un reportage sur cette histoire, il est emporté par l'indignation et décide d'en faire un film. Ainsi est né An Episode in the Life of an Iron Picker. Tanovic avait le choix de monter une véritable production, mais cela aurait pris du temps, au minimum une ou deux années. Au lieu de cela, le réalisateur se rappelle qu'il fut d'abord documentariste durant la guerre des Balkans. Ils contacte alors Nazif et Senada, leur proposant, et arrivant à les convaincre, de revivre, devant la caméra, les événements dramatiques qu'ils ont vécus. Avec eux, tous les témoins et les protagonistes des événements rejoueront leurs rôles. A l'exception notable - et on n'a aucune peine à comprendre pourquoi -, des médecins qui ont refusé de soigner Senada. Tanovic a donc pu tourner tout de suite, en neuf jours, avec une équipe restreinte, une caméra Canon toute simple. Il en ressort une énergie, et une émotion aussi, toute brutes qui emportent tout.
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Antonio das mortes (1969)
Glauber Rocha
Brésil
99′
Antonio das Mortes est un célèbre tueur de cangaceiros. Il est chargé par un colonel propriétaire terrien de tuer un de ces rebelles, vivant sur ses terres au milieu des beatos, communauté mystique de paysans. Antonio le tue, puis prend la défense des beatos contre des tueurs à gages, les Jacungos, engagés par le colonel.
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Bal - miel (2010)
Semih Kaplanoglu
Turquie
100′
Le père du petit Yusuf est apiculteur. Il dépose ses ruches dans les branches hautes des arbres les plus grands de la forêt qui dévale de la montagne. Pour Yusuf, c'est un endroit empli de mystères où il aime suivre son père dans son travail. Lorsqu'il veut raconter son rêve à celui-ci, il est rembarré, car il ne faut jamais dire son rêve à voix haute, lui dit son père. Lorsque les abeilles se mettent à disparaître de manière incompréhensible, Yacup décide de porter ses ruches plus haut dans la montagne. Le petit Yusuf, lui, commence à bégayer à l'école, pour finalement garder le silence. Entre le père qui ne revient pas et le mutisme de Yusuf, l'inquiétude de la mère grandit. Ours d'Or 2010 au festival de Berlin, Bal (miel) est une plongée dans le monde de l'enfance où la beauté de la nature ne peut être que fantastique et mystérieuse. **** Dans la nature fantastique de l'enfance Il faut retrouver son âme d'enfant pour pleinement apprécier Bal, le cinquième film du jeune réalisateur Semih Kaplanoglu. Il faut la retrouver, car le film nous plonge dans le monde d'un petit garçon à l'imagination fertile, car la nature et les hommes sont filmés par le prisme du regard, des sentiments, de l'humeur et du moral du petit Yusuf. A cette condition, on pourra se laisser emporter par l'atmosphère magique que dégagent les images de ces montagnes turques, et de leurs habitants, aux abords de la Mer Noire. Celles-ci expriment aussi bien ce que Yusuf voit que ce qu'il ressent, donnant aux objets et aux personnages des dimensions parfois surhumaines, proches du fantastique des contes pour enfants. Et le jeune acteur Bora Altas - tout jeune puisqu'il a le même âge que Yusuf, 7 ans - a ainsi une présence imposante à l'écran, rarement vue pour un enfant, dans un registre où les sentiments peuvent apparaître dans toutes leurs nuances, qui nous renvoie à nos propres souvenirs, nous rappellent le monde que nous pouvions voir et ressentir quand nous étions enfants nous aussi. Cependant, il ne s'agit pas que de l'enfance, dans Bal. C'est aussi une ode à la nature, qui n'a rien à voir avec la nostalgie d'un monde perdu, mais au contraire d'un monde bien réel, où le destin des hommes et des plantes sont liés, où les méfaits des uns entraînant une réactions des autres. Une nature pourtant, dont la beauté rejaillit sur les êtres humains, sur le père Yacup, sur la mère, Zehra, et sur leurs gestes magnifiés. On a alors des couleurs intimistes de l'école hollandaise. Puis les plans, plus larges, s'emparent de la forêt, prennent l'ampleur de tableaux immenses, à la fois sonores et picturaux, où le peintre aurait su placer toutes les nuances du vert imaginables et qui habitent la nature, en fixer les mouvements les plus subtils et en saisir les moindres bruissements, jusqu'aux odeurs humides qui atteindraient nos narines. En ce sens, à l'image d'un Pourquoi Bodhi Dharma est-il parti vers l'Orient?, Bal est proche d'une expérience sensuelle totale. Exactement de celles que l'on pouvait avoir enfant.
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Body (2015)
Malgorzata Szumowska
Pologne
92′
Janusz est un homme qui ne se choque pas facilement. Médecin légiste, il procède à des fouilles précises, analysant les lieux de crimes dans des rapports détaillés. En dépit des situations extrêmes auxquelles il est confronté, il travaille dur. Peut-être trop. Mais face à sa fille Olga, anorexique et toujours en deuil de sa mère, Janusz se trouve désarmé. Affolé à l’idée qu’elle pourrait se suicider, il l’inscrit dans une clinique où travaille la psychologue Anna. Des années auparavant, Anna a perdu son enfant dans une mort subite du nourrisson. Maintenant, elle se claquemure, avec son grand chien, dans un appartement lourdement barricadé et appelle les esprits qui communiquent avec les vivants au-delà de la mort. Malgorzata Szumowska use de la comédie noire pour parler des difficultés que rencontrent les gens à surmonter la perte d’êtres aimés. Le film explore la peur, en même temps le désir, de l’intimité, l’automutilation en raison de l’angoisse mentale et l’évasion dans l’ésotérisme. Une méditation complexe sur la solitude du coeur et le conflit entre le rationnel et la croyance en un univers surnaturel.
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Capharnaüm (2018)
Nadine Labaki
Liban
126′
Les parents de Zain étaient trop pauvres pour enregistrer sa naissance. Ne possédant pas de papiers, il est privé de tous les droits. Mais c’est un battant. Adroitement, il se faufile à travers les rues de Beyrouth. Pour nourrir ses nombreux frères et sœurs, il porte de lourdes livraisons pour l’épicerie d’Assadd, l’impitoyable propriétaire de la chambre qu’ils louent. Et c’est avec ce type que doit se marier sa sœur Sahar âgée de onze ans. Zain fait tout pour empêcher ce mariage, en vain. Pour finir, il s’enfuit. Dans un parc d’attractions, il rencontre Rahil. Elle propose de lui offrir le gîte, si en échange, il garde son fils d’un an. Quand un soir, Rahil ne rentre plus, Zain prend soin du bébé avec beaucoup d’amour. Avec un regard empathique, la réalisatrice Nadine Labaki montre le monde caché des enfants de la rue, les personnages principaux de son film. Ce sont notamment les extraordinaires performances des acteurs non-professionnels qui font la qualité de ce film profondément humain. Au Festival de Cannes, «Capharnaüm» a remporté le prestigieux Prix du jury.
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Compañeros - La noche de 12 años (2018)
Álvaro Brechner
Uruguay
117′
Ils sont trois que les militaires enlèvent de leurs cellules, sans ménagement, après les avoir encagoulés. Pour les exécuter? Ou les faire disparaître? Le titre nous prévient déjà que non. Trois hommes partent pour une longue nuit de douze ans. Álvaro Brechner signe, avec une œuvre forte, émouvante et, étonnamment, tout de même optimiste. La réalité plus forte que la fiction Le spectateur au fait de l’Histoire et de la politique en Amérique latine aura certainement entendu parler de ce président uruguayen, José «Pepe» Mujica, qui fut un ancien guérillero Tupamaro. Président atypique qui ne changea pas son train de vie, modeste, et qui lança de vraies réformes sociales. Qu’il ait été emprisonné est connu, mais on ignore souvent qu’il fut détenu au secret pendant douze longues années. Compañeros - La noche de 12 años relate cette période dramatique. L’action démarre donc en 1973, lorsque les militaires prennent le pouvoir en Uruguay, et traite de l’emprisonnement de trois anciens Tupamaros dont celui de José «Pepe» Mujica. Álvaro Brechner ne s’est pas senti le besoin d’ajouter des scènes imaginaires pour créer de faux suspens ou susciter de l’émotion factice. Il fait le choix du réalisme et s’en tient aux souvenirs que lui ont raconté les trois protagonistes. Le soin apporté aux reconstitutions, les performances des acteurs, le montage, feront le reste. On est happé par les images dont la justesse permet de quasiment ressentir dans les tripes l’état psychique et physique des personnages. A certains moments, on en oublierait même que les prisonniers verront la fin de leur calvaire, tant les personnages sont à un doigt de craquer. Leur état de délabrement physique rend ces hommes si méconnaissables qu’on a de la peine à les distinguer les uns des autres. Et effectivement, nul besoin de faux suspens, car on se demande à chaque scène comment ces hommes arrivent à survivre à tant de souffrance, à quelles nouvelles avanies ils seront confrontés. Comme les personnages, on se surprend à chercher, avec eux, la moindre lueur dans cette nuit sans fin, à trouver de l’humour là où on s’y attend le moins. Tiens, un «feel-good movie», mais un vrai qui nous parle d’une belle idée de dignité humaine. Martial Knaebel
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Dersu Uzala (1975)
Akira Kurosawa
Japon
136′
Une nuit de 1902, alors qu’il bivouaque avec quelques soldats lors d’une expédition dans la région de l’Oussouri, le capitaine russe Vladimir Arseniev, grand explorateur de l’Extrême-Orient, voit arriver un petit homme trapu, Dersou Ouzala, habile chasseur d’origine mongole et familier de la région. Les deux hommes sympathisent immédiatement et Dersou accepte de servir de guide à l’expédition bientôt soumise à de terribles obstacles tels que le froid, la fatigue et la faim. Cinq ans plus tard, les deux hommes se retrouvent pour un nouveau périple. «Dodeskaden (1970), le précédent film du réalisateur japonais, fut un échec commercial. Ostracisé par les producteurs, malade, suicidaire, Akira Kurosawa s’enferma dans un long silence qu’il ne rompit qu’après avoir accepté la proposition de tourner en Russie. Kurosawa, féru de culture russe, se souvint alors de sa lecture des mémoires de l’écrivain et explorateur Vladimir Arseniev (Derzu Uzala, 1907, Dans la contrée de l’Oussouri, 1921), par ailleurs très appréciés par Maxime Gorki. L’humanisme généreux de Kurosawa avait été frappé par les qualités morales qui faisaient du chasseur mongol un vieux sage, ainsi que par la très forte amitié qui soudait deux hommes a priori très différents. Ayant obtenu carte blanche de la part des producteurs, le cinéaste put tourner sur les lieux mêmes explorés par Arseniev et donner ainsi le souffle nécessaire à la beauté de son sujet.» (CNDP)
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El abrazo de la serpiente (2015)
Ciro Guerra
Colombie
124′
Au début du XXe siècle, un ethnologue allemand s’enfonce dans la forêt amazonienne à la recherche d’une plante mythique, la yakruna. Il sera guidé par Karamakate, un jeune mais puissant chaman amazonien. 40 ans plus tard, c’est un Etats-Unien qui retrouve Karamakate pour la même recherche. Ciro Guerra nous propose une antithèse éloquente aux discours sur l’apport de la «civilisation» dans ces contrées perdues. Inverser les rôles Theo explore l’Amazonie depuis des années et il a entendu parler d’une plante miracle, la yakruna. Maintenant qu’il est malade et affaibli, la nécessité de la trouver se fait pressante. Son guide l’amène chez Karamakate, un jeune chaman seul capable, selon lui, de trouver le lieu mythique. Mais Karamakate ne voit en Theo que le complice des massacreurs de son peuple dont il est le seul survivant. Il accepte de les guider, mais à contre-coeur. Quarante ans plus tard, Evan rencontre un Karamakate âgé, lui demandant aussi de l’aider à retrouver cette yakruna et les traces de Theo disparu. Mais Karamakate ne se souvient plus bien. Qui donc va alors guider qui? El abrazo de la serpiente reprend le flambeau d’une tradition qui a longtemps défini le cinéma latinoaméricain: le réalisme magique, onirique, cher aux Fernando Solanas, Glauber Rocha et autres Fernando Birri. Alors ça foisonne de trouvailles esthétiques, de situations allant jusqu’au burlesque, cela joue aussi avec le temps et l’espace, car les deux époques se croisent et en quelque sorte se répondent. Evans suit les pas de Theodor, mais ce sont deux mondes qui n’ont rien de commun qu’ils visitent. Le chaos engendré par la présence envahissante des Blancs aura tout bouleversé - et pas pour le meilleur. Au détour d’une scène Ciro Guerra se moque ironiquement du Fitzcarraldo de Werner Herzog et du colonel Kurtz d’Apocalypse Now. On l’aura compris Ciro Guerra a voulu inverser le regard, tenté de d’imaginer un récit d’une expédition non pas raconté du point de vue de l’explorateur comme il est d’habitude, au contraire c’est le regard des «explorés» que veut transmettre la caméra et le film. Cette inversion pertinente et nécessaire des rôles donne une tonalité rafraîchissante et légère à un propos tout ce qu’il y a de plus sérieux. Martial Knaebel
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El boton de nacar (2015)
Patricio Guzmán
Chili
82′
Avec Nostalgia de la luz, Patricio Guzmán, nous emmenait dans le désert d’Atacama, à l’extrême nord du Chili. Là-bas, il y sondait le cosmos pour scruter les rocs et les sables du désert. El botón de nacár nous emporte, lui, à l’extrême sud du pays, 4000 km plus bas où c’est maintenant l’eau qu’on trouve dans les étoiles. Mais c’est encore sur l’histoire des hommes et de leur mémoire que revient Patricio Guzmán. Ces deux films, Nostalgie de la lumière et Le bouton de nacre, forment bien un diptyque cohérent. Au premier, illuminé par la lumière si pure et la sécheresse du désert du nord, répond le ciel chargé et la froide humidité de l’archipel du sud. Ici, ce sont l’eau et le froid qui ont formé les hommes et les civilisations. Car ces îles innombrables étaient habitées, bien avant que les colons n’arrivent et massacrent - ils étaient encore 8000 au 18e siècle, ils ne sont plus que 20 descendants directs aujourd’hui. C’est la première idéeforce: l’existence d’une civilisation capable de survivre dans des conditions extrêmes, de traverser le Cap en petit canoë, de compositions musicales sophistiquées. La deuxième idée-force: faire ressentir par le spectateur, physiquement, la géographie bizarre de ce pays qu’est le Chili - tout en longueur, ouvert sur la mer qui est sa plus grande frontière, et pourtant profondément terrien. Un pays si long, qu’on ne peut le représenter en un seul morceau. Enfin, il y a la mémoire de l’eau. Celle qui vient du cosmos - qui se compte en millions d’années - et celle, plus macabre et contemporaine, qui vient de l’océan - car ici, comme au nord, les militaires ont essayé d’effacer les traces de leurs crimes. Ces trois idées-forces sont exprimées dans de véritables mises en scène de cinéma qui offrent des moments sublimes: la musique jouée par le musicologue Claudio Mercado, ou la leçon de vocabulaire de Christina Calderon, descendante des Yagán. Emma Malig, artiste, déroule une étrange et longue bande de papier froissé, le Chili, en un seul morceau. Enfin, se déroule sous nos yeux la reconstitution du «travail» fastidieux et minutieux qu’impliquait cette volonté des militaires d’effacer des milliers d’individus des mémoires. C’était sans compter ce bouton de nacre ramené à la surface. Martial Knaebel
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Félicité (2017)
Alain Gomis
Congo, La République Démocratique du
124′
Félicité, libre et fière, est chanteuse le soir dans un bar de Kinshasa. Sa vie bascule quand son fils de 14 ans est victime d’un accident de moto. Pour le sauver et régler les coûts de l’hôpital, elle se lance dans une course effrénée à travers les rues d’une Kinshasa électrique, un monde de musique et de rêves. Ses chemins croisent ceux de Tabu. Primé avec le Grand Prix du Jury au Festival de Berlin, ce film fait plonger dans la pleine vie. Alain Gomis à propos de Félicité «J’ai le sentiment qu’un film se construit sur des années, en convoquant une multitude de choses différentes. À l’origine de celui-ci, il y a des personnages existants, des femmes dont je suis proche, au Sénégal principalement. Des femmes fortes. Qui n’acceptent pas la compromission, qui prennent tout de plein fouet et ne plient pas sous les coups. J’avais une admiration certaine pour cette droiture, tout en m’interrogeant sur le fait de vouloir à tout prix plier la vie à sa volonté. J’étais donc intéressé par cette dialectique de la lutte et de l’acceptation qui est une idée qui traverse mes films. Sur cela est venu se greffer l’accident d’un jeune cousin très proche qui a perdu sa jambe, après qu’elle ait été mal soignée. Je me souviendrai toujours de son regard de gosse de 17 ans qui a perdu la légèreté, pour qui la vie est comme finie. Son histoire était aussi liée à celle de sa mère que l’on soupçonnait de pratiques obscures. Cette réalité simple qui confronte l’invisible au quotidien est à la base du film. J’avais alors envisagé une sorte de Faust ... et puis j’ai rencontré la musique du Kasai Allstars qui contenait tout cela. Tshanda, qui joue Félicité, me disait que c’était une femme à moitié en vie, à moitié morte. Toute sa vie, elle s’était tenue droite, affrontant le monde, et avec l’accident de son fils arrivait la défaite. Tout ce qu’elle avait tenu à bout de bras jusque-là s’écroulait. Pour elle, la question était est-ce que cette vie vaut le coup, est-ce que je reste là ou est-ce que je repars là d’où je viens? C’est un personnage qui se tient à la frontière de ces deux options. Il était évident que Tshanda comprenait absolument cette possibilité de renoncement. Ensuite, moi je ne dis pas grand-chose du personnage à un comédien, j’essaie de rester très concret sur la situation, mais c’était cette espèce de ligne-là qu’on avait définie.»
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Il était une fois en Anatolie (2011)
Nuri Bilge Ceylan
Turquie
151′
Dans le noir, au loin, de petites lueurs apparaissent. Quelques secondes et on s’aperçoit qu’il s’agit d’une colonne de trois voitures. Policiers, gendarmes et procureur sont à la recherche du corps d’une victime d’un meurtre. Plusieurs haltes, plusieurs explorations seront nécessaires pour enfin trouver le cadavre dans un petit matin blême. Le temps pour le spectateur de faire connaissance avec les membres de ce cortège officiel: commissaire, procureur, médecin, plus ou moins loquaces sur leurs vies et leurs drames personnels. Il suffit à Nuri Bilge Ceylan de quelques phrases, de quelques plans même pas rapprochés, pour que ses personnages prennent corps et nous révèlent tout de leurs vies. Il était une fois en Anatolie représente une magistrale mise en scène de la comédie humaine, turque sûrement, universelle, tout aussi bien. * * * De l’ombre à la lumière Il était une fois... Cela sonne comme un conte ou comme une histoire vraie, que l’un des protagonistes nous relate. Et comme toutes les histoires qu’on raconte, Il était une fois en Anatolie est faite de digressions apparentes qui enrichissent, en fait, le récit par strates successives. Ici, la trame est composée de deux parties bien distinctes - on pourrait presque parler des deux actes d’une pièce classique, l’unité de temps, d’action et de lieux étant scrupuleusement respectée: la recherche la nuit dans la campagne, et le rapport le matin à l’hôpital. Entre-temps, nous aurons eu l’occasion de faire connaissance avec chacun: le commissaire de police dont l’enfant est malade chronique, le jeune médecin divorcé et le procureur d’Ankara pas très futé, à moins qu’il ne se cache la réalité à lui-même... Nous aurons eu aussi le temps de faire la connaissance de la région - pourtant plongée dans une nuit noire! On se rend alors compte de la magie du cinéma de Nuri Bilge Ceylan, dont les images et les dialogues suggestifs nous en disent bien plus qu’il n’y paraît. Ainsi, aucune nuit n’est totalement aveugle, avec le temps, nos yeux s’accommodent de l’obscurité la plus totale et les détails du paysage se révèlent. Et la caméra de Gökhan Tiryaki - qui semble être devenu le chef opérateur attitré du réalisateur - prend son temps, ou plutôt nous laisse prendre le nôtre à distinguer les lignes et les courbes d’une campagne bien moins monotone qu’elle n’en a l’air, réservant même quelques fois des surprises et des sursauts. De la même manière, les paroles ou les phrases suspenduesdans le silence de la nuit se laissent ingurgiter tranquillement. Là aussi, des phrases anodines que les personnages se disent, mais qui se révèlent détenir un double sens ou un secret qui se dévoile petit à petit, au détour d’un mot, d’un point de suspension. Au lever du jour, de retour à la bourgade, les visages blêmes et fatigués se révèlent, un peu des âmes aussi, le procureur perd de son assurance, le commissaire ne cache plus ses sentiments, alors que le jeune médecin semble prendre la direction des opérations. L’économie des gestes et des mots préside toujours à la narration et la mise en scène, mais, encore une fois, avec des moments surprenants, parce qu’inattendus : finalement, les personnages sont-ils bien ceux qu’ils montrent? La magie du cinéma de Nuri Bilge Ceylan tient à cette faculté qu’il a de sonder, au sens premier du terme, une communauté, des individus, des sentiments et des attitudes, et d’en enregistrer les échos, puis de nous les mettre en scène, avec la virtuosité, le rendu des nuances et des tonalités, qui donnent le relief à son récit. Martial Knaebel
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Ixcanul Volcano (2015)
Jayro Bustamante
Guatemala
91′
María est promise à Ignacio, le contremaître de la plantation de café. Pour la famille, c’est l’assurance d’un logement et d’un travail pour le père. Mais pour la jeune fille, tout juste sortie de l’adolescence, cela signifierait la fin d’un rêve: celui d’aller voir au-delà du volcan. Le jeune réalisateur Jayro Bustamante est revenu sur sa terre natale filmer une histoire profondément enracinée dans les traditions mayas tout en étant radicalement d’actualité. María est belle, elle le sait. A 17 ans, elle voudrait aussi pouvoir embrasser le monde, celui qui se trouve derrière le volcan. Pepe, un jeune ouvrier qui ne pense qu’à partir aux Etats-Unis où se trouvent argent, voitures et maisons. En séduisant Pepe, María espère donc pouvoir partir avec lui vers le Nord. Mais le jeune homme partira sans elle et María, enceinte, n’aura plus que ses parents vers qui se tourner. Et ceux-ci, malgré cette tocade qui risque de les mettre tous sur la paille, vont montrer une solidarité sans faille. Mais la leçon pour María sera terrible.Les premiers plans nous montrent en détail les traditions mayas qui perdurent dans cette région du Guatemala, d’où Jayro Bustamante est lui-même originaire. On aurait tort pour-tant de confiner cette œuvre à son côté ethnologique, déjà passionnant, car il en déborde très vite pour mettre en scène les rapports de classe existant dans le Guatemala rural. Ce seront eux qui seront le moteur de la deuxième partie du récit. Traitement de l’image et montage s’allient pour exprimer la dureté implacable des relations entre les Mayas et les métis ou les blancs - passant de plans le plus souvent fixes, presque tranquilles, à des images de plus en plus mouvementées, caméra presque collée aux protagonistes. On réalise alors la misère dans laquelle sont maintenus les Indiens: logement et travail dépendant du bon vouloir du maître - et du contremaître, pas de scolarité pour les enfants, entraînant l’impossibilité de se faire comprendre, donc de se défendre, car ne parlant pas l’espagnol, langue de l’admini-stration. Et celle-ci, face à la mère de María, ne se souciant pas de la comprendre quand elle essaie de s’expliquer. Ils ne l’écoutent pas et voilà le drame des familles comme celle de María. Pour le pouvoir, elles n’existent pas. Le grand mérite de Ixcanul: elles vivent devant nous grâce à lui. Martial Knaebel
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L'enfance d'Ivan (1962)
Andrei Tarkowski
Russie
91′
Témoin de l'exécution de ses parents par les troupes allemandes, Ivan, encore gamin, veut se battre. Il développe un talent certain pour se glisser au travers des lignes ennemies et glaner des informations. Mais l'état-major veut le transférer à l'arrière pour qu'il rejoigne l'académie militaire. Ivan refuse et part rejoindre les partisans... Le premier film de Andreï Tarkovski, tout juste sorti diplômé du VGIK, fut mondialement salué comme un chef d'oeuvre. Il reçut le lion d'or de Venise, ainsi que de nombreux prix dans le monde entier. On y retrouve déjà l'écriture du maître, mêlant le réalisme objectif à la contemplation subjective. Malgré son succès mondial, le film fut mis au placard en URSS pour des raisons de politiques internes qui tenaient à la version officielle de la deuxième guerre mondiale de l'époque. A l'inverse de «Requiem pour un massacre» d'Elem Klimov (1985), mettant en scène lui aussi un enfant, mais qui montra la guerre en Biélorussie avec un réalisme quasi insoutenable, Tarkovski laisse une grande place aux rêves d'Ivan, mondes poétiques de son enfance et de sa famille perdues, qui s'opposent à la réalité crue de la guerre et à son désir de vengeance qui conduira Ivan à la mort.
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L'éternité et un jour (1998)
Theo Angelopoulos
Grèce
133′
Écrivain renommé, Alexandre retrouve une lettre de sa femme Anna alors qu'il est sur le point de quitter la maison dans laquelle il a toujours vécu. Lui reviennent alors en mémoire des souvenirs, des bonheurs, des moments à côté desquels il pense parfois être passés et qu'il aimerait faire revivre pour l'éternité.
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La ballade de Narayama (1982)
Shohei IMAMURA
Japon
130′
Inspirée d'un texte de Fukazwa Shichirò écrit en 1956, "La ballade de Narayama" est probablement le plus beau film du maître japonais Shohei Imamura, une histoire émouvante sur les questions primordiales de l'existence, mise en scène dans un paysage d'une extraordinaire beauté, dans une nature à laquelle l'homme appartient. Si le vieux maître japonais Shohei Imamura a situé son film dans le passé, c'est afin de souligner que notre société actuelle perd, ou a perdu en partie depuis longtemps déjà les vraies valeur de la vie. La ballade de Narayama est un livre d'images opulent, venu d'une époque où l'existence se rattachait à la terre, où la nature dominait chaque événement, de l'ivresse amoureuse à la mort. Nous pénétrons dès les premières images dans le paysage hivernal d'une vallée de montagne retirée, aspirant à la chaleur que promettent les petites cabanes nichées en son creux. Bientôt le printemps fera fondre la neige, et la vie se déploiera dans toute sa munificence. C'est dans le temps compris entre deux hivers que s'accomplit cette ballade, dont l'histoire est la vie même, dans la profusion de ses manifestations. Au cours de la narration, on verra peu à peu se détacher une figure centrale, celle de la grand-mère Orin. Nous la suivrons en automne dans la montagne, où selon la tradition elle se rend pour mourir. En paix avec elle-même, son existence terrestre achevée dans une sérénité reconnaissante, la septuagénaire se fait porter par son fils sur le mont de la mort et on ne peut guère imaginer évocation plus saisissante prend congé de la vie. Venir et partir en sont deux des composantes, et c'est d'elles que traite le film, de ces deux pôles entre lesquels se dessine l'existence. Walter Ruggle
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La naissance (1988)
Shaji N. Karun
Inde
108′
Un petit village du sud-ouest de l'Inde. Sous un arbre, un vieil homme qui attend son fils de retour de Trivandrum où il étudie. A la nuit tombée, le bus arrive enfin. Le vieux cherche interroge les passagers, en vain. Son fils n'est pas là. Il reprend alors le bateau pour rentrer chez lui. Les jours qui suivent, c'est le même manège qui recommence: le vieil homme attend le fils aimé, une attente où l'angoisse pénètre, de plus en plus. Jusqu'au jour où il apprend que son fils a été arrêté lors d'une manifestation d'étudiants. Il part alors à Trivandrum. Il s'en suit une longue quête à travers les méandres de la bureaucratie dont il revient bredouille, mais vaguement rassuré par quelques fonctionnaires marrons. Ce sera au tour de la soeur de partir à la recherche du fils et les choses se précisent. Le pire, la mort du jeune homme à la suite de tortures de la police semble de plus en plus évident. De retour, la fille ne sait comment annoncer la nouvelle à son père. Celui-ci n'est de toute façon plus en état de l'appréhender. Il retourne attendre le bus. C'est en revenant sur ses pas qu'il tombe. La folie, la mort sont son ultime refuge.
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La teta asustada (2009)
Claudia Llosa
Pérou
94′
A la mort de sa mère, la jeune et belle Fausta se retrouve seule pour affronter les peurs qui lui ont été léguées d’un passé de guerre civile dans les Andes, théâtre d’une lutte sanguinaire de l’armée et la police péruviennes contre la guérilla du Sentier lumineux. Pour répondre au vœu de sa mère d’être enterrée dans son village, Fausta doit trouver rapidement de l’argent permettant de payer le voyage et le cercueil car son oncle ne veut pas d’un cadavre dans la maison au moment des noces de sa propre fille sur le point de se marier. Après le succès de son premier film, Madeinusa, la jeune réalisatrice péruvienne Claudia Llosa reprend les éléments fantastiques de croyances populaires pour nous livrer une parabole émouvante par la modestie apparente d’une mise en scène, pourtant toute en finesse, qui lui valut l’Ours d’Or de la 59e Berlinale. ******************** Les indiens sont toujours là Claudia Llosa a su trouver le ton juste, dans une mise en scène foisonnante de trouvail-les, qui ne cessent de nous surprendre tout au long des 100 minutes que dure son film. En refusant de sombrer dans un pathétique convenu, la réalisatrice joue, au contraire, sur les oppositions de caractères ou le regard décalé. Elle ne lâche rien pourtant sur l’âpreté des situations, sur la tragédie vécue par la jeune héroïne, sur la dureté des rapports sociaux et de la vie de ces laissés pour compte de la société péruvienne. Car ce film reflète bien ce qu’est le Pérou d’aujourd’hui, où une riche minorité continue d’accaparer, où les Indiens sont toujours méprisés et exploités, au mieux oubliés. Et pourtant, ce deuxième film, qui est un miracle d’équilibres audacieux, va bien au-delà de la simple dénonciation sociale. Les échappées scénaristiques y prennent, à chaque fois, le spectateur à contre-pied, naviguant sur la poésie des émotions, jouant du physique de ses personnages - en particulier d’une Magaly Solier imposante dans sa façon d’exprimer, ou plutôt de réprimer, les états d’âmes de Fausta. A l’image de sa façon de chantonner, psalmodier, la chanson que lui a apprise sa mère, d’une voix rauque, rugueuse, dont la mélodie faussement monotone finit par vous prendre aux tripes. Paradoxalement, ce drame, avant tout intérieur, nous paraît ainsi très « physique ». Un sentiment encore accentué par des dialogues presque monosyllabiques, qui prennent parfois la forme de coups de poing, pour rappeler les personnages à leur réalité. Bref, La teta asustada est une véritable œuvre de cinéma dont le souffle nous remue et nous interpelle et dont le style effronté ne peut qu’enchanter le cinéphile. Martial Knaebel
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Lerchen am Faden (1969)
Jiri Menzel
République Tchèque
94′
A Kladno, ville industrielle tchécoslovaque, au milieu des années cinquante, des travailleurs forcés, "ennemis du régime", sont occupés au broyage et à la fonderie de divers objets métalliques, machines à écrire, crucifix, et même saxophones ("instruments bourgeois"). L'affichage de slogans ("le travail est une affaire d'honneur") et la diffusion par haut-parleurs de polkas pour les fondeurs stakhanovistes sont là pour les encourager. Pourtant, un mouvement de grève se fait jour, contestant l'augmentation des normes. Bien que séparés, hommes et femmes parviennent à communiquer. Des sentiments se tissent entre certains. Le jeune gardien Angel, affecté à la surveillance des femmes, se marie avec une Tzigane. L'attend une vie conjugale compliquée, qui l'amène à davantage de compréhension. Un jour, des enfants vétus de chemises blanches et foulards rouges viennent visiter l'usine et ses travailleurs, tandis que leurs enseignantes désignent les femmes comme des suppôts de l'impérialisme: elles ont été condamnées pour avoir voulu fuir le pays. Un des hommes. le philosophe, profite de cette venue pour contester la disparition du laitier, emmené après avoir tenu de libres propos. Le philosophe est arrêté à son tour. Le jeune Pavel et la jolie Jitka, qui avaient été filmés comme symboles d'avenir par une équipe de télévision, ont fini par s'aimer au point de vouloir se marier. Mais ils ne sont pas réunis pour la cérémonie, qui a lieu en deux temps, avec chacun séparément. Une visite du numéro un du Parti est pour Pavel l'occasion de s'inquiéter publiquement du sort du laitier et du philosophe. Condamné à deux ans supplémentaires. il va donc les rejoindre au moment même où Jitka, elle, est libérée. "Marié à la vérité" et sachant que Jitka va l'attendre. il descend, avec les autres, au fond d'une mine.
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Les oiseaux de passage - Pájaros de verano (2018)
Ciro Guerra, Cristina Gallego
Colombie
125′
Rapayet veut épouser Zaida, mais Ursula, la mère, se méfie du prétendant et exige une dot qu’elle pense au-delà de ses possibilités. Le jeune homme trouvera pourtant un moyen et c’est ainsi que débutera le trafic de drogues en Colombie. Ciro Guerra et Cristina Gallego insèrent une action «à la Coppola» dans un contexte historique et culturel étrange et palpitant. Ursula est la Marraine Nous sommes dans les années 70 et c’est la fête dans le clan wayúu qui célèbre l’entrée dans l’âge adulte de Zaida. Rapayet profite de la danse traditionnelle pour demander la main de la belle. Ursula, la mère, est méfiante car la famille du jeune homme est pauvre. Elle exige alors une dot au-delà des moyens du prétendant. Celui-ci ne renonce pas et profite du passage de jeunes États-uniens pour leur vendre une cargaison de marijuana. La richesse s’installe alors dans ce groupe ethnique oublié du développement de la Colombie. Richesse qui suscitera jalousie et guerres de clans. On se souvient de la force d’évocation de El abrazo de la serpiente, où l’intrusion des Blancs et missionnaires détruisit le fragile équilibre entre nature et population indigène. S’il change de décor, quittant la forêt luxuriante pour une zone aride et quasi-désertique, Ciro Guerra ne renonce pas à la théâtralité d’une mise en scène épurée qui donne aux personnages toute leur dimension tragique. Bien sûr, Le Parrain de Coppola vient immédiatement à l’esprit lorsqu’on admire la présence de Carmiña Martinez campant une Ursula, sorte de Doña Corleone wayúu. Par ailleurs, le chef opérateur David Gallego filme magnifiquement ces paysages de western au point qu’on se surprend à attendre une musique de Ennio Morricone. On ne peut toutefois oublier le caractère avant tout latino-américain du film et l’apparition des Peace Corps évoquerait plutôt Le sang du condor, du Bolivien Jorge Sanjines, où ces jeunes gens stérilisaient en douce les femmes des communautés indiennes. Ici, les oiseaux de passage pourraient bien être ces petits avions atterissant pour repartir avec leur cargaison d’herbe. Voici ce qui fait la force des films de Ciro Guerra et Cristina Gallego: une intrigue passionnante évoquant un contexte historique très bien dessiné. Martial Knaebel
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Pandora's Box (2008)
Yesim Ustaoglu
Turquie
109′
Lorsque Nusret disparaît de sa maison, dans les montagnes près de la Mer Noire, elle ne se doute pas qu'elle va mettre les nerfs de ses enfants à l'épreuve. Sa famille est d'ailleurs le dernier des soucis de cette vieille dame, frappée par la maladie d'Alzheimer. Et ses enfants, malgré leurs réussites sociales apparentes, vivent mal. Cette disparition en sera le révélateur, obligeant ses deux filles, Nesrin et Güzin, à se confronter au vide sidéral de leurs vies affectives, alors que Mehmet, le frère, ne peut cacher, quant à lui, ses échecs de prétendu artiste. Dans une tragicomédie au rythme enlevé, presque échevelé, à l'image de ses personnages, nous allons voir ces trois adultes courir après leur mère, et après leurs propres vies. Murat, adolescent rebelle, le fils de Nesrin, saura pourtant restaurer un lien avec cette grand-mère qu'il n'avait jamais vue. *************** Quelle belle ode à la vieillesse que ce film! Une actrice de 90 ans y crève l'écran, Tsilla Chelton, qui reçut une méritée Concha d'argent pour sa prestation, lors du 56è festival de San Sebastián. Une vieille dame qui illumine l'image, au propre comme au figuré, car chaque fois que Nusret, c'est son nom, apparaît, le soleil l'accompagne, avec les belles couleurs chaudes de l'automne dans les arbres. A l'opposé, lorsque ses filles et son fils partiront à sa recherche, ce seront des trombes d'eau et des intempéries qu'ils devront traverser pour atteindre le village. La jeune réalisatrice, Yeşim Ustaoğlu joue ainsi sur les oppositions symboliques pour donner un rythme soutenu à son récit, évitant les temps morts. Opposition de caractères, par exemple, entre cette vieille dame énergique et décidée, même si elle perd la boule, et ses enfants qui paraissent si impuissants à prendre leurs propres vies en main. La maladie d'Alzheimer n'est pas, à priori, un sujet très gai et le désarroi des personnages face à cette maladie aurait pu tourner au mélodrame larmoyant. Déjouant tous les poncifs attachés à ce genre de situation, Yeşim Ustaoğlu a, au contraire, trouvé un ton léger, relâché, pour son récit. Cette façon de dédramatiser les moments les plus forts donne une dimension profondément humaine aux personnages, laissant leurs états d'âmes s'exprimer sans pathos. On sourit souvent au long de cette tragicomédie traitant d'un sujet universel, pris de sympathie pour ces gens qui nous ressemblent tant. Avec ses escapades, la vieille Nusret aura ouvert une boîte de Pandore, mais, à l'inverse de la légende grecque, ce ne sont pas que des maux qui s'en sont échappés. L'espérance est, elle aussi, bien présente dans ce film, somme toute, optimiste pour l'avenir de l'homme. Martial Knaebel
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Quand passent les cigognes (1957)
Michail Kalatosow
Russie
91′
Dans l'ex-Union Soviétique, il y avait un cinéma d'Etat qui se perdait parfois dans l'ennui de la propagande et du sur-mesure. À la fin des années 1950, cependant, une production cinématographique indépendante s'est développée dans le cadre de la production étatique grâce à un climat culturel plus tard appelé «dégel». Le meilleur exemple en est ce film pionnier et légendaire qui s'élève de manière convaincante contre la guerre.
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Rashomon (1951)
Akira Kurosawa
Japon
88′
Trois hommes s'abritent à l'un des portails menant à Kyoto, attendant que la pluie cesse. Nous sommes sous l'ère Heian (IXe - XIIe siècles). Pour passer le temps, ils discutent d'un événement qui s'est déroulé récemment: la découverte du cadavre d'un samouraï, vraisemblablement tué par le bandit Tajomaru. Les trois hommes ont été en fait appelés à témoigner lors du procès. Ils relatent chacun ce qu'ils ont dit au procès, et ce qu'ils ont vu. Quatre versions s'opposent, la veuve - qui aurait été violée par le bandit - ayant aussi la sienne. Que s'est-il donc passé? «Les êtres humains sont incapables d'être honnêtes avec eux-mêmes sur eux-mêmes. Ils ne peuvent pas parler d'eux-mêmes sans broder. Le scénario décrit de telles personnes - le genre qui ne peut survivre sans mentir pour se sentir meilleur qu'il n'est en réalité. Il montre même ce besoin coupable de flatter le mensonge jusqu'au-delà de la tombe - même le personnage qui meurt ne peut arrêter de mentir lorsqu'il parle aux vivants à travers un médium. L'égoïsme est un péché que l'être humain porte avec lui depuis la naissance; il est le plus difficile à racheter. Ce film est comme un étrange défilement d'images qui est déroulé et étalé par l'ego. Vous dites que vous ne pouvez pas du tout comprendre ce scénario, mais c'est parce que le cœur humain lui-même est impossible à comprendre. Si vous vous concentrez sur l'impossibilité de vraiment comprendre la psychologie humaine et que vous relisez encore une fois le scénario, je pense que vous en saisirez l'essentiel» Akira Kurosawa à propos de Rashomon.
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Silent Souls - Ovsyanki (2010)
Aleksei Fedorchenko
Russie
77′
Miro demande à son ami Aïst de l’aider à inhumer Tanya, sa femme qui vient de mourir. Il veut procéder selon la tradition millénaire des Mériens: en brûlant le corps dans un lieu sacré, sur la rive de la grande rivière où seront ensuite dispersées les cendres de la défunte, refermant ainsi le cycle de la vie. Après avoir eux-mêmes accompli ses ablutions, les deux hommes accompagneront Tanya dans son dernier voyage pendant lequel les souvenirs la feront vivre une dernière fois. Le jeune réalisateur Aleksei Fedorchenko compose une poésie élégiaque qui rend hommage à une culture qui persiste et continue de vivre dans un coin perdu aux abords de la Volga. Ovsyanki (Ames silencieuses), dont le dépouillement extrême ne peut que susciter l’émotion, nous emporte dans un périple, à la fois géographique et temporel, bouleversant de beauté. ***** Le dernier voyage Les Mériens forment un sous-groupe ethnique du domaine finno-ougrien, dont l’origine remonte à des millénaires et s’étendait de la Hongrie jusqu’à la Finlande. Ils furent par la suite assimilés par les slaves russes. On assiste toutefois à une tentative de faire revivre cette culture située dans le bassin de la haute Volga. Dans la petite ville de Neya, Miro est directeur d’une papeterie où travaille comme photographe Aïst - qui écrit aussi des poèmes. Il lui demande de l’accompagner en tant qu’ami du couple et de la défunte, mais aussi parce qu’il connaît les rites traditionnels du deuil mérien. Miro refuse en outre que des mains étrangères touchent le corps de celle qu’il a follement aimé. Après lui avoir fait la toilette des morts - scène remarquable, filmée dans une atmosphère picturale rappelant l’école hollandaise, dans les tons atténués par une lumière à contre jour et par une observation soucieuse des détails -, les deux hommes emmènent la jeune femme pour un dernier voyage, vers le grand fleuve qui est la source de la vie, selon la tradition mérienne. Ce dernier périple pour atteindre la Volga sera aussi l’occasion pour Miro de se remémorer les grands moments qu’il a partagé avec Tanya, leur rencontre, leur mariage, puis la vie quotidienne, osant décrire les détails les plus intimes, vantant la pureté sensuelle de la jeune femme. Aïst se souvient aussi, en voix off, car il l’a aussi aimée, avant qu’elle n’épouse Miron. Ce dernier ne l’ignore pas, mais, loin de les séparer, cet amour partagé rapproche les deux hommes dans une douleur commune. Inspiré d’une nouvelle de l’écrivain russe Denis Osokin (qui a participé à l’écriture du scénario), le troisième film du cinéaste Aleksei Fedorchenko se révèle un poème d’une somptueuse richesse plastique, réflexion habitée du silence de la musique des âmes mortes, drapées ici de la séduction charnelle de Tanya. Martial Knaebel ******* «Le titre original de mon film, Ovsyanki, signifie en russe «bruant», une espèce d’oiseau proche du moineau. Ces petits volatiles jaunes et verts sont tellement répandus en Russie que plus personne n’y prête attention. Les personnages de mon film ont quelque chose de ces bruants: à première vue anodins mais d’une grande richesse intérieure pour qui les observe avec acuité.» Aleksei Fedorchenko
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Snow - neige (2008)
Aida Begic
Bosnie et Herzegovina
100′
"La neige ne tombe pas pour couvrir la colline, mais pour que chaque animal laisse une trace de son passage." Six femmes, un grand-père, quatre petites filles et un garçon vivent à Slavno, village isolé et dévasté par la guerre. Leurs familles et amis ont été tués et leurs corps n’ont jamais été retrouvés. Les premières neiges vont les couper du monde et risquent de mettre la vie des villageois en danger. Tandis que la menace se rapproche, les villageois, menés par Alma, tentent d’échapper à la misère en vendant des confitures, des fruits et des légumes, qui ont fait la réputation du village. Un jour, deux hommes d’affaires débarquent à Slavno en leur demandant d’abandonner leurs maisons en échange d'une certaine somme d’argent. Les villageois se trouvent face à un dilemme: doivent-ils accepter une offre qui pourrait leur sauver la vie, mais leur prendre leur âme? Une tempête soudaine piège les visiteurs dans le village, les contraignant à affronter un problème plus grave encore, la vérité. Premiers flocons L’histoire se déroule au coeur d’un petit village isolé de l’Est de la Bosnie, largement marqué par la guerre. Dans cet endroit figé par le temps, où toute trace de modernité semble n’avoir jamais existé, la jeune réalisatrice bosniaque Aida Begic' dresse les portraits de femmes vivant sans hommes, survivantes d’un proche passé douloureusement chargé. Entourées d’un vieil imam et d’un petit garçon mutique dont la chevelure repousse étrangement vite, elles sont les dernières rescapées du village. A la fin du conflit, elles ont dû s’organiser, pour continuer à vivre. Couture, confection de tissus, culture de fruits et légumes, fabrication de savoureuses compotes de prunes. Leur quotidien est rythmé par de nouvelles activités. Alma, par exemple, est convaincue qu’il est possible de redonner un peu de prospérité au village en vendant des pots de confiture au bord de la route. Sabrina, elle, est amoureuse d’un étranger et rêve de quitter cet endroit et l’isolement qui le caractérise. Malgré leurs multiples différences, cette petite communauté reste pourtant unie par un lien particulièrement fort: ils sont les gardiens de la mémoire du passé. Entre tristesse et furtifs instants de joie, les relations sont intenses et contrastées. L’illusion et le doute nourrissent encore l’espoir que l’être cher pourrait réapparaître, le deuil n’est pas envisageable. L’arrivée au village de deux hommes va venir accélérer la tournure des événements. Comme le dit le proverbe, la neige ne tombe pas pour couvrir la colline, mais pour que chaque animal laisse une trace de son passage... Après plusieurs années de recherches et de travail, Aida Begic' propose un film touchant, engagé, poétique et empreint de réalisme, soutenu par une photographie ample et pure.
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Tanna (2015)
Martin Butler Bentley Dean
Australie
104′
Dain et Wawa sont amoureux l’un de l’autre. Pourtant, ils vont devoir être séparés, car Wawa est promise à un jeune guerrier d’une tribu voisine avec qui celle des deux jeunes gens voudrait faire la paix. Dain et Wawa refusent et s’enfuient dans la forêt. Bentley Dean et Martin Butler sont allés tourner sur l’île de Tanna, dans l’archipel de Vanuatu. Un récit classique joué par des gens extraordinaires dans un décor fantastique. Roméo et Juliette dans le Pacifique. Dans le village de Yakel, la perpétuation des traditions et des modes de vie anciens est primordiale. Ses habitants vivent en symbiose avec la nature. Mais ce n’est pas paisible pour autant. La tribu voisine, les Imedin, vient encore une fois de tuer un villageois. Pour les anciens, c’en est assez des morts. Ils décident donc une rencontre présidée par les faiseurs de paix. Un accord est trouvé en promettant en mariage la jeune et belle Wawa au fils du chef des Imedin. Mais Wawa aime Dain, le fils du chef du village Yakel. Les deux refusent l’accord et s’enfuient dans la forêt, cherchant refuge auprès d’autres tribus.Le récit a beau être classique, l’issue tragique prévisible, il se dégage de Tanna une fraîcheur telle qu’on se laisse prendre par l’aventure. Le fait que ce soit tourné sur une île, parmi une population loin de toute «civilisation», avec des acteurs dont c’est la première prestation - et sans doute la dernière - y est certainement pour quelque chose. Les deux réalisateurs, avant tout des documentaristes, ont su en effet adapter le récit à l’environnement, travaillant le scénario avec les protagonistes, les laissant s’exprimer à leur manière devant la caméra, s’en remettant à eux pour que dialogues et attitudes correspondent à leur réalité. Au final, c’est beau, émouvant. En outre, on a de la peine à croire que l’équipe de tournage n’était composée en tout et pour tout que de deux personnes: les réalisateurs - l’un filmant, l’autre enregistrant le son. Pourtant, c’est bien d’un film d’action qu’il s’agit: les poursuites dans un paysage paradisiaque sont haletantes, le montage nerveux. Et au milieu de tout cela trône un volcan majestueux et menaçant, témoin et acteur d’un drame séculaire et universel. Tanna, l’île et le film, sont deux perles du Pacifique
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Theeb (2014)
Naji Abu Nowar
Jordanie
100′
Le jeune Theeb vit avec son grand frère Hussein dans un campement de Bédouins en plein désert. Lorsque son frère sera chargé de guider un officier britannique vers un vieux puits abandonné, Theeb voudra les suivre. Ce sera le début d'une aventure qui changera Theeb à tout jamais. Tourné sur place, avec une équipe restreinte et les Bédouins comme acteurs, Theeb a tous les ingrédients d'un film d'aventure: suspens, action, émotion. Grandir dans le désert 1916, au loin la guerre fait rage, mais les échos n'en atteignent pas cette partie du monde, la province ottomane de Hijaz. Leur père mort, Hussein a pris en charge l'éducation de son petit frère Theeb à qui il apprend à survivre dans cette contrée ingrate. Une nuit, surgissent un officier britannique et son guide bédouin. Ils sont à la recherche d'un vieux puits abandonné. Hussein est désigné par les anciens pour les mener à destination. Theeb est fasciné par cet homme blond en uniforme et décide de les suivre. Repéré la première nuit, il intègrera la petite troupe car le Britannique et le Bédouin refusent qu'Hussein le ramène au campement pour ne pas perdre de temps. Les craintes d'Hussein se révèlent pourtant fondées, ces contrées désertiques sont des repères de brigands que le petit groupe ne va pas tarder à rencontrer. Et ce sera une lutte sans merci dont Theeb sera le seul à sortir à indemne. Comment va-t-il alors pouvoir retrouver une zone plus hospitalière? Theeb a été tourné dans les décors du Wadi Rum, sauvages et majestueux, situés au sud de la Jordanie. Les mêmes espaces où a été filmé le mythique Lawrence d'Arabie de David Lean. L'histoire se déroule d'ailleurs à la même époque de la première guerre mondiale, période qui a vu les révoltes des Bédouins contre un empire ottoman déliquescent. L'entrelacs de gorges sablonneuses et reliefs impressionnants s'y impose comme un personnage orgueilleux qui ne pardonne pas la moindre distraction et donne au film l'ampleur d'un film d'aventure à grand spectacle. Face à ce décor, les combats des hommes pourraient paraître comme dérisoires s'il n'y avait Theeb, ce gamin obligé de grandir très vite pour pouvoir survivre dans un monde où l'homme est un loup pour l'homme. Premier film du Jordanien Naji Abu Nowar, Theeb fascine par la simplicité de son intrigue et la maîtrise de l'action dramatique dont il fait preuve. Martial Knaebel
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Timbuktu (2014)
Abderrahmane Sissako
Mali
95′
Timbuktu est occupée par les djihadistes qui y font régner leur ordre nouveau. Sous leur tente, Kidane et sa famille mènent une vie paisible qui semble loin de cette folie meurtrière. Leur destin basculera avec la mort d’Amadou le pêcheur, tué accidentellement par Kidane. A la folie de l’obscurantisme, Abderrahmane Sissako oppose un poème d’une profonde humanité, justement récompensé par le jury œcuménique du festival de Cannes. La caméra suit une gazelle galopant dans le désert, mouvements harmonieux, elle épouse la couleur et la texture du désert. Coups de feu, elle est chassée par un 4X4, objet outrageusement hexogène au décor qui l’entoure. Voici les djihadistes envahissant Timbuktu, imposant une loi tout aussi étrangère à une population paisible. Comme tous les films de Sissako, le récit se déroule à la fois dans une histoire linéaire, celle de Kidane, et par une suite de tableau installant une atmosphère, le tout dans un décor grandiose d’un désert merveilleusement filmé, dominé par les ocres du sable et des murs de la ville. Récit à la fois poétique, musical, chez Kidane, et traversé d’humour lorsqu’il s’agit de suivre les comportements des occupants incapables de communiquer leurs lois et leurs règles car ils ne connaissent pas la langue du lieu, ni ne sont vraiment capables de se comprendre entre eux. Récit intense, qui déploie une énergie émotionnelle extraordinaire lorsqu’une femme trouve encore la force, sous les coups de fouet, de chanter d’une voix déchirante. Les femmes, premières victimes de l’ordre nouveau islamique, sont aussi celles qui offrent le plus de résistance: Zabou la folle, tête à l’air qu’on n’ose pas toucher, Satima la femme de Kidane. A elles, aux autres, les djihadistes n’ont que la force de leur kalachnikov à opposer lorsque leur langue de bois ne les convainc pas eux-mêmes. La caméra magnifie ces courages, démonte le discours des extrémistes en montrant leur statut d’homme commun. Et si, au lieu de diaboliser ces «fous de Dieu», on les humanisait en les regardant tels qu’ils sont: des hommes ordinaires? Ils y perdraient à coup sûr leur dimension mythique aux yeux de beaucoup. Et c’est ce que fait, le plus simplement du monde, et de la plus belle des manières, Abderrahmane Sissako.
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Tokyo Sonata (2008)
Kiyoshi Kurosawa
Japon
115′
Tokyo Sonata dresse le portrait d'une famille japonaise ordinaire. Le père, licencié sans préavis, le cache à sa famille. Le fils aîné est de plus en plus absent. Le plus jeune prend des leçons de piano en secret. Et la mère, impuissante, ne peut que constater qu’une faille invisible est en train de détruire sa famille.
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Trains étroitement surveillés (1966)
Jiri Menzel
République Tchèque
89′
Milos est un jeune garçon sympathique, mais qui n'a pas l'air très dégourdi. Surtout avec son uniforme des chemins de fer, où il vient d'entrer pour y tenir son premier emploi dans une petite gare de province. Il n'a pas beaucoup de travail car c'est la guerre et seuls quelques trains militaires allemands passent par là. Alors Milos a le temps de penser à Masa, cheminote comme lui mais nettement plus éveillée. Et celle-ci voudrait bien que le benêt lui prouve sa flamme. Mais c'est aussi la première expérience amoureuse du garçon qui ne prouve que sa maladresse à la jeune fille. Milos se croit impuissant et tente de se suicider. Sauvé in extremis, il revient à la gare. Le médecin l'a rassuré sur sa virilité mais il lui reste à la démontrer. D'autant que Masa insiste... Une occasion inattendue va lui être offerte d'apprendre l'amour avec une inconnue qui passait par là avec le projet de faire sauter un train allemand. C'est le sous-chef de gare qui devait accomplir cette délicate mission mais, au matin du jour de l'attentat, il est interpellé par ses supérieurs pour avoir décoré les fesses et les cuisses de la télégraphiste de la station avec tous les tampons du bureau. Aussi Milos, maintenant plein de confiance après la nuit passée avec la résistante, se substitue-t-il au fonctionnaire lubrique et, maladroit une dernière fois, saute avec le train. Masa ne saura donc jamais quel homme était devenu son petit ami.
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Un homme intègre (2017)
Mohammad Rasoulof
Iran
118′
Reza et sa femme se sont installés en province, espérant échapper à la corruption de la capitale. Lui a créé une pisciculture, elle enseigne. Las, une compagnie convoite le terrain où se situe leur ferme. Mais Reza refuse toujours la compromission, seul face à tout un système. Le récit de Mohammad Rasoulof est, lui aussi, sans concession qui nous plonge dans un thriller politique à portée universelle. Mohammad Rasoulof n’attend pas, dès les premières images, on perçoit quelle sera l’intrigue. Reza, en face d’une banque, est avec un des employés lui expliquant comment contourner les règles et ne pas rembourser ses dettes. On imagine le courage qu’il a fallu à toute l’équipe de tournage - techniciens et acteurs y compris - pour se lancer dans la réalisation d’un tel brûlot politique. Car dans Un homme intègre, on appelle un chat un chat. La corruption qui gangrène quasiment toute la population de cette province y est décrite sans ambiguïté aucune. Ce franc-parler a l’immense mérite de rendre l’intrigue fluide et intelligible même pour un public qui ne serait pas au fait de la politique iranienne. Cependant, Rasoulof ne se contente pas de ce constat politico-social. Ses personnages sont faits de chair et de sang, ils ne peuvent pas être simplement tout d’une pièce. Comment peuvent-ils réagir et se défendre face aux attaques multiples auxquelles ils font face? Les drames intimes se mêlent alors aux conflits économiques. Voici alors une autre qualité qui fait de Un homme intègre un vrai film à suspens où les protagonistes se démènent pour survivre. Le récit est porté par une image très naturaliste, une bande son ultra-minimaliste qui ne garde que les bruits de la nature qui laissent au spectateur le temps de se concentrer sur l’intrigue elle-même. Il ne fait aucun doute que le film est destiné avant tout au public de son pays. Profondément enraciné dans la vie iranienne, le film développe pourtant une réflexion plus universelle : jusqu’à quel point un homme peut-il conserver son intégrité en luttant contre un système corrompu? Martial Knaebel
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Uncle Boonmee Who Can Recall his Past Lives (2010)
Apichatpong Weerasethakul
Thailand
109′
Boonmee vit aux confins de la Thaïlande, près du Laos, où il exploite une ferme apicole avec ses ouvriers laotiens. Jenjira, sa soeur, vient lui rendre visite, ayant appris qu’il a dû séjourner à l’hôpital. Arrivée sur place, avec son neveu, elle verra un homme physiquement diminué, mais étonnamment paisible. Ils seront rejoints le soir par la femme de Boonmee, décédée depuis 19 ans, et leur fils, disparu peu après, devenu singe-homme. Boonmee ne semble pas surpris de ces invités inattendus venus de l’au-delà pour l’accompagner. Œuvre dense et poétique, d’une beauté plastique époustouflante, d’une simplicité extrême, le dernier film du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul est une ode paisible à l’attente de la mort, acclamée et récompensée par une palme d’Or au festival de Cannes. * * * * * * Venu de l’art contemporain - ses installations vidéos ont déjà fait le tour du monde - Apichatpong Weerasethakul, qui n’a pas encore 40 ans, a développé dans le même temps une filmographie singulière, à la fois profondément ancrée dans la réalité sociale de son pays, et, simultanément, perpétuellement en recherche de nouvelles formes esthétiques de narration, convoquant le fantastique et la mythologie de cette partie de l’Asie. Ce mélange, à première vue étrange, du surnaturel et du réalisme se retrouve encore une fois dans Uncle Boonmee, porté par une photographie merveilleuse d’une émouvante beauté. On aura d’ailleurs rarement vu la nuit et son cortège d’ombres filmées avec une telle maestria, capable de saisir à la fois les frémissements de la forêt, les bruissements de la vie qui l’habite, et de trouver autant de nuances dans les tons et les détails de l’ombre. Film épuré et silencieux - il n’y a que les sons de la nature à se faire entendre -, Uncle Boonmee, nous laisse le temps de suivre chaque geste de chaque personnage. Ou, plutôt, le film répond au voeux du réalisateur de laisser l’entière liberté au spectateur dans son appréhension des images qu’il voit. D’y trouver, et d’en faire, ce qu’il en veut, en fonction de sa propre vie ou, plus simplement de ce qu’il attend du cinéma. Il n’y rien de prétentieux là-dedans. Il s’agit, au contraire, d’une modestie, bien réelle, affichée par le réalisateur qui n’a que le désir de partager avec le plus grand nombre ce qu’il sait voir à travers l’oeil de sa caméra. Il nous permet ainsi d’approcher une philosophie asiatique qui nous est peu connue - que l’on qualifie vaguement en parlant d’animisme ou de chamanisme - dans son rapport avec le monde vivant. Cependant, il peut aussi bien, tout simplement, être vu comme une observation poétique des richesses contenues dans la nature qui nous entoure. C’est d’ailleurs cette modestie de Weerasethakul qui donne à son oeuvre une dimension en quelque sorte universelle, où chacun peut retrouver son environnement. Environnement physique, avec la nature, mais aussi social, avec les personnages. C’est ainsi qu’il faut prendre ce qui se dit dans le film à propos des étrangers, ou qu’il faut voir ces images de soldats, ou de jeunes gens, qui apparaissent dans la deuxième partie du film. Car, si Uncle Boonmee semble une oeuvre hors du temps, elle est aussi fortement ancrée dans le présent. Martial Knaebel
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Wajib (2017)
Annemarie Jacir
Palestine
97′
Shadi, installé à Rome, revient à Nazareth pour aider à la préparation du mariage de sa sœur Amal. Avec son père, il va délivrer en mains propres les invitations à tous ceux dont ils espèrent la présence. Road-movie urbain, mêlant humour et drame, Wajib prend prétexte des tensions entre le père et le fils pour évoquer la situation des Palestiniens d’Israël. Petites disputes et grande Histoire «wajib» pourrait se traduire par devoir ou obligation. C’est une obligation que vont accomplir Abu Shadi et son fils en remettant les invitations pour le mariage d’Amal. Shadi, le fils, s’est expatrié à Rome où il travaille comme architecte et vit avec la fille d’un responsable de l’OLP en exil. Le père resté au pays est instituteur et aimerait bien finir comme directeur d’école. Les rencontres de maisons en maisons sont autant d’occasions d’évoquer le passé, et d’attiser des disputes entre père et fils. Annemarie Jacir, dont c’est le troisième film, use d’un drame familial pour évoquer l’histoire de son pays. Dans le premier, Salt of this Sea, une jeune femme venait réclamer à une banque les avoirs qu’y avait laissés son grand-père parti en exil. Dans le deuxième, When I Saw You, le petit Tarek s’enfuit d’un camp de réfugiés pour retrouver son père. Avec Wajib, si le ton est toutefois plus léger et les occasions de sourire plus nombreuses, les dilemmes auxquels est confrontée la population arabe d’Israël sont toujours et bien présents, évoqués par les souvenirs des anciens que les deux hommes rencontrent, ou par les disputes entre père et fils - imposants Mohamed Bakri et Saleh Bakri, père et fils aussi dans la vraie vie. Vivant à Rome, Shadi est encore bardé d’une intransigeance idéologique dont se moque son père obligé de composer avec les autorités israéliennes. Jacir montre encore une fois sa parfaite maîtrise de la direction d’acteurs. Principaux ou seconds rôles, ils trouvent tous le ton juste pour donner au récit une touche à la fois de réalisme et d’humour. Cependant, la grande réussite de Wajib tient certainement à un personnage invisible: la mère, partie aux Etats-Unis et dont le père ne se console pas. Une occasion pour Mohamed Bakri de montrer tout son talent d’acteur. Martial Knaebel
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Winter Sleep (2014)
Nuri Bilge Ceylan
Turquie
196′
Autrefois acteur de théâtre, Aydin est retourné dans son village natal dans le but d’écrire une histoire du théâtre turc. Là, il vit en compagnie de sa jeune femme et de sa soeur dans le petit hôtel Othello, qu’ils gèrent. L’hiver s’installe, les derniers clients s’en vont et le confinement obligé exacerbe un malaise diffus entre les trois personnages, alors qu’à l’extérieur les tensions sociales latentes obligent, elles aussi, le maître des lieux à sortir de son splendide isolement. Nuri Bilge Ceylan nous offre son oeuvre la plus achevée à ce jour, qui impressionne autant par sa mise en scène dans des décors superbes et sa mise en abyme des sentiments, que par les thèmes qu’elle aborde. Splendeur et violence Méditation sur les relations humaines, chronique sociale d’une région reculée marquée par un paysage accidenté et magnifique, il y a de tout cela dans Sommeil d’hiver. Nuri Bilge Ceylan reconnaît volontiers l’influence qu’exerce sur lui l’oeuvre d’Anton Tchekov dont les nouvelles furent d’une précision extrême dans la description de la vie provinciale russe à l’orée du 20e siècle. On retrouve ici ce même souci du détail lorsqu’il s’agit pour Ceylan de dépeindre - le mot est choisi ici à dessein, tant cadre, lumière et couleurs font de chaque plan de véritables tableaux - les rapports de classe qui lient Aydin, petit hobereau, et ses locataires et employés, et leur violence sous-jacente. Une violence d’autant plus poignante et ressentie qu’elle ne s’exprime que par les attitudes, les regards et les mots, avec un Aydin éludant en plus ses devoirs de propriétaire et de patron, qu’il délègue à son fidèle factotum. On retrouve la même tension, la même brutalité, au sein de la famille d’où suent les frustrations et le mépris pour les autres. Les dialogues que s’échangent Aydin et sa soeur Necla, ou sa jeune femme Nihal sont, eux aussi, d’une richesse et d’une netteté limpides dans leur expression des états d’âme des protagonistes. Là encore la mise en scène et le déroulement du récit font merveille. On découvre petit à petit le réel personnage qu’est l’écrivain Aydin, usant de casuistique pour réfuter tous les reproches - qu’on pourrait lui faire - et aussi pour fuir ses responsabilités aussi bien sociales que familiales avec la suffisance des gens de bien qui ont réponse à tout. Une assurance qu’on verra se craqueler dans une sorte de coup de théâtre final. En face de lui, Nihal, fragile, confond charité et justice sociale, alors que Necla s’enfonce dans la rancoeur d’une vie qu’elle croit avoir ratée. Nuri Bilge Ceylan montre ici une virtuosité sidérante, sublimant l’art du dialogue et du cadre, osant les citations théâtrales tout en réalisant du vrai cinéma. A tout cela s’ajoute un regard d’une profonde humanité sur ses semblables et un souci de ne pas laisser un seul protagoniste au bord du chemin. Sommeil d’hiver serait long? Et alors? Puisque cela fait en tout cas vraiment trois heures de bonheur.
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Wolf And Sheep (2016)
Shahrbanoo Sadat
Afghanistan
87′
Un petit hameau perdu dans les montagnes afghanes. Les enfants gardent les chèvres et les moutons et les protègent des loups qui rôdent aux alentours. Les garçons s’entraînent à la fronde, les filles imaginent leurs mariages. La jeune Sediqa est, quant à elle, tenue à l’écart parce qu’elle aurait le mauvais oeil. Toute jeune réalisatrice, Shahrbanoo Sadat nous propose une chronique villageoise d’une beauté confondante. On ne sait pas trop quoi admirer le plus dans Wolf and Sheep, entre l’âpre beauté des paysages, celle, délicate, de ces enfants qui en ont fait leur royaume, ou encore la maîtrise à diriger ces derniers dont fait preuve une réalisatrice dont c’est pourtant le tout premier long-métrage. Pour autant, Shahrbanoo Sadat ne nous décrit pas une communauté villageoise idyllique. Les relations entre les habitants sont faites de conflits et de ragots, la vie, pauvre, est dure et chaque jour amène son lot de problèmes. La chronique débute par les obsèques d’un homme mort d’un cancer. Pour survivre, sa veuve devra se remarier avec un homme bien plus vieux qu’elle. Ce qui vaudra à Qodrat, son fils de 11 ans, les quolibets de ses camarades de jeu. Il préférera alors la présence de Sediqa, rejetée par les filles parce qu’elle serait celle qui porterait malheur. Si la population est musulmane, les légendes et les croyances traditionnelles sont encore bien vivaces, comme celle du loup Kashmiri se tenant sur deux pattes et venant hanter le village. Cependant, la grande menace, bien réelle celle-ci, ce sont les loups qui s’attaquent aux troupeaux et que les enfants n’arrivent pas à chasser. Il en est une autre, qui surgira soudainement et jettera toute la population sur la route: la guerre, qui n’en finit pas de frapper les plus faibles. Shahrbanoo Sadat s’est initiée au cinéma à Kaboul après avoir vécu une partie de son enfance dans un village tel que celui qu’elle décrit dans Wolf and Sheep.
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