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Voyager

On aime voyager et on vous propose une sélection de films qui bougent.

Loin (2017)
Patrick Allgaier, Gwendolin Weisser
Allemagne
127′
Au printemps 2013, Patrick Weisser et Gwendolin Allgaier commencent leur voyage autour du monde depuis leur ville natale de Fribourg-en-Brisgau. L'itinéraire les emmène vers l'Est à travers l'Europe, l'Asie et l'Amérique du Nord et centrale. Ils voyagent en auto-stop, en bus, en train, en bateau ou à pied. Ils se passent délibérément de l'avion. Ils apprennent à connaître des gens d'origines culturelles très diverses. Chacun filem à tour de rôle. À la fin de l'été 2014, en Sibérie, Gwen apprend qu'elle est enceinte. Le couple décide de continuer le voyage et de mettre l'enfant au monde au Mexique. Sur un porte-conteneurs, ils traversent le Pacifique depuis Tokyo. Au Mexique, les futurs parents achètent une camionnette qu'ils transforment en maison familiale mobile. Bruno naît en mai 2015 et vit sa première année en partie dans une maison louée et sur la route au Mexique et dans les pays d'Amérique centrale. En été 2016, la famille revient en Allemagne, parcourant à pied le dernier tronçon entre Barcelone et Fribourg-en-Brisgau. Le voyage autour du monde aura duré plus de trois ans. Il y en a encore, des films avec lesquels on n'a jamais l'impression que quelqu'un a tout calculé et nous prend pour des idiots. En fait, on montre d'habitude un reportage sur son propre voyage autour du monde dans les centres communautaires et dans des salles polyvalentes. Mais ce film est cela et beaucoup plus que cela, il est enchanté. Grâce aux deux personnes qui voyagent, aux gens qu'elles rencontrent, à la façon rafraîchissante, insouciante et pourtant contrôlée avec laquelle elles racontent des histoires. 50 000 kilomètres en auto-stop, en bateau à travers les océans et un bébé qui naît au Mexique. "Loin" est un film coloré et particulièrement authentique sur le voyage extraordinaire d'un jeune couple parti vers l'Est et rentré trois ans et demi plus tard depuis l'Ouest. Sans prendre l'avion et avec un petit budget en poche, ils explorent le monde, toujours avec curiosité et spontanéité. Un petit bijou de cinéma sans prétention. Laissez-vous emmener. Kinoverleih: Arthouse
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Avé (2011)
Konstantin Bojanov
Bulgarie
86′
La Bulgarie des faubourgs Parti de Sofia, Kamen se rend en stop à Roussé, dans le nord de la Bulgarie. Sur la route, il rencontre Avé, une jeune fugueuse un peu paumée de 17 ans, qui lui impose rapidement sa compagnie. A travers cette rencontre, c’est le portrait d’une jeunesse en errance et d’une Bulgarie oubliée de la mondialisation que Konstantin Bojanov nous fait découvrir. Mais le film est également une fine métaphore du passage à l’âge adulte et des sentiments ambivalents que cette phase de vie génère. Etudiant en art, Kamen rencontre Avé alors qu’il se rend au nord du pays en autostop. La jeune fille de 17 ans s’agrippe alors à lui et ne va plus le lâcher. Très vite, Kamen se rend compte de la tendance compulsive au mensonge d’Avé. Elle mélange vérité et fantasmes, s’invente des personnages. Elle ment pour s’amuser, par provocation, pour pimenter sa vie et celle des autres, mais elle ment surtout pour mieux accepter sa propre existence. Avé est en fugue. Sa réalité, c’est une relation conflictuelle avec ses parents et un frère accro à l’héroïne qu’elle aime et qu’elle veut sauver. Si Avé ment et affabule pour agrémenter sa vie, Kamen, lui, prend la réalité de face. Taciturne et résigné, il semble ployer sous la gravité des événements. La réalité du monde qui les entoure, et que Konstantin Bojanov nous montre, c’est la Bulgarie des faubourgs, des petites villes de province oubliées, des stations-services glauques et du bitume. C’est également les gens qu’Avé et Kamen vont croiser tout au long de leur errance: pervers, violents et paumés en tout genre. Les nouveaux riches et le développement économique de la capitale semblent bien éloignés, tout comme la dolce vita des côtes de la mer Noire. Et lorsque les personnages pensent enfin arriver à Varna et ses côtes ensoleillées, ils se perdent chacun en route. A travers ce road movie sensible et pudique, le cinéaste bulgare nous propose une magnifique réflexion sur la jeunesse et la construction de l’identité sociale et personnelle. Il réussit brillamment à mettre en évidence les mécanismes propres à cette phase et en retranscrire la lumière, l’énergie, mais également la noirceur. Avec cette œuvre émouvante et personnelle, Bojanov prend date et pose les jalons d’un cinéma intime et réaliste à la fois, dont il conviendra de suivre l’évolution.
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Banana Pancakes and the Lonely Planet (2015)
Daan Veldhuizen
Lao, République Démocratique Populaire
96′
Muang Ngoi, paisible petit village situé au nord du Laos, n’est pas encore envahi par un flot de touristes, mais ils commencent à venir - depuis que la bourgade est évoquée par le fameux guide des globe-trotters, the Lonely Planet. Le réalisateur néerlandais Daan Veldhuizen, routard lui-même, y est venu filmer les touristes vus par les habitants. Authenticité ou électricité? Muang Ngoi est un petit village isolé au bord de la rivière Ou. Celle-ci est la seule possibilité d’accès plus ou moins rapide et aisé à la bourgade. Routard lui-même, Daan Veldhuizen l’a découvert lors d’une de ses expéditions. Les touristes qui y viennent lors de la saison sèche sont encore peu nombreux et le réalisateur s’est intéressé aux interactions entre les autochtones, assoiffés de modernité, et les visiteurs à la recherche de traditions encore vierges et d’authenticité des modes de vie. Le voyage que nous propose le réalisateur va se dérouler en trois étapes. On arrive tout d’abord à Muang Ngoi durant la saison des pluies, et le spectateur fait la connaissance des deux personnages qui vont en quelque sorte le guider à travers le village et sa population. Shai a fait des études à la ville et rêve de faire fortune en commerçant avec les touristes. Khao est avant tout un paysan qui ne pense qu’à faire vivre sa famille. Ces jours d’observation sont interrompus par l’arrivée de la saison sèche et des touristes. À partir de là, la caméra semble se placer derrière les habitants du village, regardant les nouveaux arrivants depuis leur point de vue. Dans une évolution quasi naturelle, les habitants ignorent de moins en moins cette caméra, l’invitant à participer aux conversations, offrant à boire au cameraman. «Je voulais faire un documentaire où c’est le touriste qui est regardé par les gens du cru et non l’inverse», confiait le cinéaste. En procédant ainsi, son récit acquiert en fluidité, il mène à des situations et des dialogues parfois vraiment cocasses. Il nous montre aussi une population heureuse d’accueillir ces gens «bizarres» qui préfèrent le riz gluant alors qu’ils s’échinent à leur cuisiner des pancakes à la banane. Veldhuizen nous offre ainsi une observation légère et savoureuse des contradictions de chacun. Martial Knaebel
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Gabriel and the Mountain (2017)
Fellipe Barbosa
Tanzanie, République-Unie de
131′
Gabriel est sur le point de clore un an de voyage à travers l’Asie puis l’Afrique de l’Est. Périple qu’il s’était promis de réaliser avant de poursuivre ses études dans une prestigieuse université californienne. A la fois témoignage plein de vie et hommage émouvant rendu à un ami disparu, Gabriel and the Mountain est un magnifique road-movie africain. Un globe-trotter brésilien En fait, Gabriel and the Mountain pourrait être considéré comme une suite du premier film de Fellipe Barbosa, Casa grande, dont le héros essayait déjà de surmonter les barrières sociales dans une école huppée de Rio. C’est d’ailleurs dans cette école que le réalisateur et Gabriel se sont rencontrés pour la première fois. Le temps a passé depuis et Gabriel, avant de poursuivre ses études aux Etats-Unis, a voulu découvrir le monde. Sur le point de terminer son périple, Gabriel débarque au Kenya où il ne veut pas être un touriste, mais un globe-trotter en contact étroit avec les gens du cru. Cet état d’esprit suscitera de belles rencontres - dont le spectateur profitera par la même occasion. L’ambiance changera quelque peu avec l’arrivée de son amie Cristina, venue le rejoindre pour quelques jours en Tanzanie, avant de connaître la Zambie, puis le Malawi. Fellipe Barbosa retrace le plus fidèlement possible les derniers jours de son ami Gabriel Buchmann. Pour cela, aux côtés des deux seuls acteurs professionnels João Pedro Zappa (Gabriel) et Caroline Abras (Cristina), ce sont les personnes réelles, qui ont rencontré le jeune Brésilien, qui jouent leur propre personnage, évoquant parfois en voix off leur expérience avec Gabriel. L’enthousiasme de Zappa à incarner Gabriel, la vivacité qu’il donne à son personnage, emporte l’adhésion et nous pousse même à oublier la fin tragique du héros, annoncée pourtant dès la première séquence. La richesse du récit et des rencontres tient aussi à l’ambivalence du personnage qui ne veut pas être un touriste, mais se comporte parfois comme tel. Et c’est peut-être la conscience de ce fait qui rend Gabriel plus fébrile et pressé de sortir des sentiers battus. Comme tous les road-movies réussis, c’est aussi à un cheminement intime que nous invite le film. Martial Knaebel
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Highway (2012)
Deepak Rauniyar
Nepal
72′
Un habitant de Katmandou et son épouse ont essayé sans succès d'avoir un enfant. L'homme se rend dans les montagnes de l'Est du Népal pour demander l'aide d'un miraculeux guérisseur. Celui-ci lui vend en effet une potion magique, mais dit à l'homme qu'il doit retourner voir sa femme dans les trente-six heures pour que le médicament fasse effet. Le bus qui serpente dans les rues étroites, les collines et les vallées du Népal est bondé de gens qui ont tous d'urgence besoin d'être ailleurs - pour retrouver une personne rencontrée sur Internet, pour apporter de l'argent pour des médicaments ou pour aller rendre visite à des parents. Mais les voyageurs sont obligés de s'arrêter encore et encore à cause des grèves générales, des embouteillages, des pannes et des villageois en colère. Certains de ces obstacles sont surmontés par les passagers eux-mêmes, qui apprennent à se connaître pendant le voyage - ils se déguisent même en fête de mariage pour pouvoir continuer à avancer. Entre temps, à la maison, tout a changé... Le premier long métrage de Deepak Rauniyar est un road movie plein de surprises et de passion; c'est aussi une représentation engagée de la vie contemporaine au Népal.
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Silent Souls - Ovsyanki (2010)
Aleksei Fedorchenko
Russie
77′
Miro demande à son ami Aïst de l’aider à inhumer Tanya, sa femme qui vient de mourir. Il veut procéder selon la tradition millénaire des Mériens: en brûlant le corps dans un lieu sacré, sur la rive de la grande rivière où seront ensuite dispersées les cendres de la défunte, refermant ainsi le cycle de la vie. Après avoir eux-mêmes accompli ses ablutions, les deux hommes accompagneront Tanya dans son dernier voyage pendant lequel les souvenirs la feront vivre une dernière fois. Le jeune réalisateur Aleksei Fedorchenko compose une poésie élégiaque qui rend hommage à une culture qui persiste et continue de vivre dans un coin perdu aux abords de la Volga. Ovsyanki (Ames silencieuses), dont le dépouillement extrême ne peut que susciter l’émotion, nous emporte dans un périple, à la fois géographique et temporel, bouleversant de beauté. ***** Le dernier voyage Les Mériens forment un sous-groupe ethnique du domaine finno-ougrien, dont l’origine remonte à des millénaires et s’étendait de la Hongrie jusqu’à la Finlande. Ils furent par la suite assimilés par les slaves russes. On assiste toutefois à une tentative de faire revivre cette culture située dans le bassin de la haute Volga. Dans la petite ville de Neya, Miro est directeur d’une papeterie où travaille comme photographe Aïst - qui écrit aussi des poèmes. Il lui demande de l’accompagner en tant qu’ami du couple et de la défunte, mais aussi parce qu’il connaît les rites traditionnels du deuil mérien. Miro refuse en outre que des mains étrangères touchent le corps de celle qu’il a follement aimé. Après lui avoir fait la toilette des morts - scène remarquable, filmée dans une atmosphère picturale rappelant l’école hollandaise, dans les tons atténués par une lumière à contre jour et par une observation soucieuse des détails -, les deux hommes emmènent la jeune femme pour un dernier voyage, vers le grand fleuve qui est la source de la vie, selon la tradition mérienne. Ce dernier périple pour atteindre la Volga sera aussi l’occasion pour Miro de se remémorer les grands moments qu’il a partagé avec Tanya, leur rencontre, leur mariage, puis la vie quotidienne, osant décrire les détails les plus intimes, vantant la pureté sensuelle de la jeune femme. Aïst se souvient aussi, en voix off, car il l’a aussi aimée, avant qu’elle n’épouse Miron. Ce dernier ne l’ignore pas, mais, loin de les séparer, cet amour partagé rapproche les deux hommes dans une douleur commune. Inspiré d’une nouvelle de l’écrivain russe Denis Osokin (qui a participé à l’écriture du scénario), le troisième film du cinéaste Aleksei Fedorchenko se révèle un poème d’une somptueuse richesse plastique, réflexion habitée du silence de la musique des âmes mortes, drapées ici de la séduction charnelle de Tanya. Martial Knaebel ******* «Le titre original de mon film, Ovsyanki, signifie en russe «bruant», une espèce d’oiseau proche du moineau. Ces petits volatiles jaunes et verts sont tellement répandus en Russie que plus personne n’y prête attention. Les personnages de mon film ont quelque chose de ces bruants: à première vue anodins mais d’une grande richesse intérieure pour qui les observe avec acuité.» Aleksei Fedorchenko
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303 (2018)
Hans Weingartner
Allemagne
120′
Sur le chemin de Berlin au Portugal dans son camping-car rouillé '303', la jeune étudiante en biologie Jule prend l'auto-stoppeur Jan. Tout en ayant des conversations intenses sur la société, le monde et la nature de l'homme, ils essaient de ne pas tomber amoureux. Hans Weingartner («Die fetten Jahre sind vorbei») lui-même dit: «‹303› est pour ainsi dire le ‹film Anti-Tinder›. Au lieu de 3 secondes de wipe-and-go, le lent rapprochement de deux âmes.»
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