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Pandora's Box (2008)

Yesim Ustaoglu, Turquie

Lorsque Nusret disparaît de sa maison, dans les montagnes près de la Mer Noire, elle ne se doute pas qu'elle va mettre les nerfs de ses enfants à l'épreuve. Sa famille est d'ailleurs le dernier des soucis de cette vieille dame, frappée par la maladie d'Alzheimer. Et ses enfants, malgré leurs réussites sociales apparentes, vivent mal. Cette disparition en sera le révélateur, obligeant ses deux filles, Nesrin et Güzin, à se confronter au vide sidéral de leurs vies affectives, alors que Mehmet, le frère, ne peut cacher, quant à lui, ses échecs de prétendu artiste. Dans une tragicomédie au rythme enlevé, presque échevelé, à l'image de ses personnages, nous allons voir ces trois adultes courir après leur mère, et après leurs propres vies. Murat, adolescent rebelle, le fils de Nesrin, saura pourtant restaurer un lien avec cette grand-mère qu'il n'avait jamais vue.

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Quelle belle ode à la vieillesse que ce film! Une actrice de 90 ans y crève l'écran, Tsilla Chelton, qui reçut une méritée Concha d'argent pour sa prestation, lors du 56è festival de San Sebastián. Une vieille dame qui illumine l'image, au propre comme au figuré, car chaque fois que Nusret, c'est son nom, apparaît, le soleil l'accompagne, avec les belles couleurs chaudes de l'automne dans les arbres. A l'opposé, lorsque ses filles et son fils partiront à sa recherche, ce seront des trombes d'eau et des intempéries qu'ils devront traverser pour atteindre le village. La jeune réalisatrice, Yeşim Ustaoğlu joue ainsi sur les oppositions symboliques pour donner un rythme soutenu à son récit, évitant les temps morts. Opposition de caractères, par exemple, entre cette vieille dame énergique et décidée, même si elle perd la boule, et ses enfants qui paraissent si impuissants à prendre leurs propres vies en main. La maladie d'Alzheimer n'est pas, à priori, un sujet très gai et le désarroi des personnages face à cette maladie aurait pu tourner au mélodrame larmoyant. Déjouant tous les poncifs attachés à ce genre de situation, Yeşim Ustaoğlu a, au contraire, trouvé un ton léger, relâché, pour son récit. Cette façon de dédramatiser les moments les plus forts donne une dimension profondément humaine aux personnages, laissant leurs états d'âmes s'exprimer sans pathos. On sourit souvent au long de cette tragicomédie traitant d'un sujet universel, pris de sympathie pour ces gens qui nous ressemblent tant. Avec ses escapades, la vieille Nusret aura ouvert une boîte de Pandore, mais, à l'inverse de la légende grecque, ce ne sont pas que des maux qui s'en sont échappés. L'espérance est, elle aussi, bien présente dans ce film, somme toute, optimiste pour l'avenir de l'homme.

Martial Knaebel

Durée
110 minutes
Langue
VO turc
Sous-titres
français, allemand, anglais
Qualité
480p
Disponibilité
Suisse, Liechtenstein
Yesim Ustaoglu
Araf (2012)
Yesim Ustaoglu
Turquie
124′
Zehra est près de sortir de l’adolescence. Autour d’elle, tout ne semble que désolation, sentiment accentué par la grisaille de l’hiver. Le tempérament joyeux de Olgun, qui ne cache pas ses sentiments pour elle, ne lui suffit pas. Elle rêve de partir ailleurs, d’une vraie vie. Mahul, un chauffeur routier habitué de la cafétéria, pourrait être celui qui l’emmènerait au loin. Peu disert, la barbe grisonnante et le chapelet de prière toujours dans la main, il est l’«homme», alors qu’Olgun n’est encore qu’un compagnon de jeu. Le réveil sera dur. Araf signifie purgatoire ou limbes en turc. Un espace entre deux, Somewhere in Between, comme l’indique le titre anglais donné au film, symbolisé parfaitement par cette station-service qui semble se trouver dans un monde parallèle, d’où l’on voit se dérouler une autre vie sur l’autoroute si proche et si lointaine à la fois. Cet «entre deux», c’est aussi ce que vivent Zehra et Olgun, pas encore adultes, mais plus tout à fait enfants. Il y a aussi la bourgade qui périclite, comme ses industries, où le temps s’est arrêté. La caméra (tenue par Michael Hammon) de la réalisatrice Yesim Ustaoglu exprime magistralement ces atmosphères d’attentes. Elle sait saisir ces attitudes ambivalentes où les personnages cherchent à sortir de leurs limbes, mais, en même temps, sont effrayés à l’idée même de les quitter. Cependant, le véritable tour de force accompli par la cinéaste tient à ceci: malgré leur aspect souvent sombre et la froideur de l’hiver anatolien, les images n’ont rien de dépressif, bien au contraire. Car des moments lumineux parsèment le récit et ces images créent un entrelacs d’émotions visuelles sublimes. Et l’empathie de la cinéaste envers ses personnages est si évidente qu’on sent très bien qu’elle ne peut pas les abandonner ainsi. Ancré dans une réalité triste Araf est en fait un film d’espoir. Martial Knaebel
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