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Yeelen

Souleymane Cissé, Mali, 1987

Un film clé de l'Afrique en version restaurée. S'il y a un cinéaste qui a su traiter les complexes de l'Afrique, la complexité et la richesse de sa culture et la nécessité de son cinéma, c'est bien Souleymane Cissé. Pourtant son discours est tellement subtil et si pénétrant, jusqu' au coeur des questions fondamentales, qu'il laisse croire qu'il passe à côté ou même qu'il les évite. Cissé a cette force de propos qui fait que l'Afrique est donnée à voir presque avec agressivité, n'eût été cette forme d'élévation digne de la culture Bambara, celle-là même qui empreint son cinéma d'un sublime qui le place au niveau le plus universel. Yeelen raconte l'histoire du jeune homme Niankoro, qui entreprend un long parcours initiatique qui doit lui donner les pouvoirs magiques que Soma, son père, détient jalousement.
Un film clé de l'Afrique en version restaurée. S'il y a un cinéaste qui a su traiter les complexes de l'Afrique, la complexité et la richesse de sa culture et la nécessité de son cinéma, c'est bien Souleymane Cissé. Pourtant son discours est tellement subtil et si pénétrant, jusqu' au coeur des questions fondamentales, qu'il laisse croire qu'il passe à côté ou même qu'il les évite. Cissé a cette force de propos qui fait que l'Afrique est donnée à voir presque avec agressivité, n'eût été cette forme d'élévation digne de la culture Bambara, celle-là même qui empreint son cinéma d'un sublime qui le place au niveau le plus universel. Yeelen raconte l'histoire du jeune homme Niankoro, qui entreprend un long parcours initiatique qui doit lui donner les pouvoirs magiques que Soma, son père, détient jalousement.
Durée
106 minutes
Langue
VO bambara/français
Sous-titres
allemand, français (vostfr), anglais, espagnol
Qualité
1080p
Disponibilité
Suisse, Autriche, Allemagne, Liechtenstein
Finye (1982)
Souleymane Cissé
Mali
105′
Bah, jeune étudiant, est le petit-fils de Kansaye, un descendant des grands chefs traditionnels de la région. Il est l'ami de Batrou qui, elle, est la fille d'un des représentants du nouveau pouvoir. Bah et Batrou appartiennent à une génération qui rejette l'ordre établi, la société de leurs pères, sans bien savoir quoi mettre à la place. La falsification des résultats des examens sera l'étincelle qui déclenchera la confrontation avec les autorités. La répression voulue et organisée par le gouverneur Sangaré, exacerbera encore le mécontentement des jeunes étudiants... Le titre n'est pas seulement une trouvaille poétique, il constitue le véritable programme esthétique du film: c'est par ses changements de vitesse que le vent exprime sa présence, par l'intensité des mouvements qu'il fait subir à la nature et aux hommes qu'il se matérialise visuellement: c'est par le rythme des corps, les tempos de l'action, les impulsions produites sur les visages et les voix que Souleymane Cissé nous donne à lire une page importante de l'Afrique contemporaine.
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Timbuktu
Abderrahmane Sissako
Mali
95′
Timbuktu est occupée par les djihadistes qui y font régner leur ordre nouveau. Sous leur tente, Kidane et sa famille mènent une vie paisible qui semble loin de cette folie meurtrière. Leur destin basculera avec la mort d’Amadou le pêcheur, tué accidentellement par Kidane. A la folie de l’obscurantisme, Abderrahmane Sissako oppose un poème d’une profonde humanité, justement récompensé par le jury œcuménique du festival de Cannes. La caméra suit une gazelle galopant dans le désert, mouvements harmonieux, elle épouse la couleur et la texture du désert. Coups de feu, elle est chassée par un 4X4, objet outrageusement hexogène au décor qui l’entoure. Voici les djihadistes envahissant Timbuktu, imposant une loi tout aussi étrangère à une population paisible. Comme tous les films de Sissako, le récit se déroule à la fois dans une histoire linéaire, celle de Kidane, et par une suite de tableau installant une atmosphère, le tout dans un décor grandiose d’un désert merveilleusement filmé, dominé par les ocres du sable et des murs de la ville. Récit à la fois poétique, musical, chez Kidane, et traversé d’humour lorsqu’il s’agit de suivre les comportements des occupants incapables de communiquer leurs lois et leurs règles car ils ne connaissent pas la langue du lieu, ni ne sont vraiment capables de se comprendre entre eux. Récit intense, qui déploie une énergie émotionnelle extraordinaire lorsqu’une femme trouve encore la force, sous les coups de fouet, de chanter d’une voix déchirante. Les femmes, premières victimes de l’ordre nouveau islamique, sont aussi celles qui offrent le plus de résistance: Zabou la folle, tête à l’air qu’on n’ose pas toucher, Satima la femme de Kidane. A elles, aux autres, les djihadistes n’ont que la force de leur kalachnikov à opposer lorsque leur langue de bois ne les convainc pas eux-mêmes. La caméra magnifie ces courages, démonte le discours des extrémistes en montrant leur statut d’homme commun. Et si, au lieu de diaboliser ces «fous de Dieu», on les humanisait en les regardant tels qu’ils sont: des hommes ordinaires? Ils y perdraient à coup sûr leur dimension mythique aux yeux de beaucoup. Et c’est ce que fait, le plus simplement du monde, et de la plus belle des manières, Abderrahmane Sissako.
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