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Director's Choice: Ciro Guerra

Avec son film EL ABRAZO DE LA SERPIENTE, dont la première a eu lieu à Cannes, le cinéaste colombien Ciro Guerra a connu un grand succès dans divers festivals et au cinéma. Son dernier film LES OISEAUX DE PASSAGE (BIRDS OF PASSAGE), réalisé avec Cristina Gallego, a fêté sa première mondiale à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes 2018 et sa première suisse sur la Piazza Grande à Locarno. Il était nominé aux Oscars du meilleur film en langue étrangère 2019 et il est considéré Le Parrain de l'Amérique latine.

Lugares comunes (2003)
Adolfo Aristarain
Argentine
108′
Fernando est professeur de pédagogie à Buenos Aires. Il est marié depuis de nombreuses années à Liliana, d'origine espagnole, qui exerce son métier d'assistante sociale dans les quartiers les plus pauvres de la ville. Ils s'aiment, se respectent, se sont mutuellement fidèles. Aucun des deux ne conçoit la vie sans l'autre. Le monde placide et intellectuel de Fernando est profondément altéré quand il reçoit, sans préavis, une lettre qui l'informe de sa mise en retraite anticipée. Un événement qui les force à s'interroger sur leur vie commune. Du plaisir, tout simplement Un vieil homme blasé, que la vie arrive pourtant encore à faire aimer. Les idéaux galvaudés par la politique, qui restent et continuent de vivre. Le cinéma, art de divertissement, permettant néanmoins continuellement de ciseler des dialogues et des sentiments. Voilà les pensées qui nous viennent lorsque nous voyons un film d'Adolfo Aristarain. Quasiment dans toute son oeuvre, nous retrouvons ce personnage revenu de tout, le plus souvent incarné avec bonheur par Federico Luppi - cabotin ou tragique, et qui pourtant n'arrive pas à abandonner ses idéaux ni ses sentiments. Aristarain n'a jamais voulu coller d'étiquette politique à ses films. Néanmoins, ils le sont car ils vont bien au-delà des discours pour rechercher le fond des convictions des personnages qu'ils mettent en scène. De la même manière, le réalisateur ne prétend jamais être à la découverte de nouvelles voies cinématographiques. Pourtant, chacun de ses films est une tentative pour trouver la meilleure image, les meilleurs dialogues, les meilleurs décors, capables d'exprimer l'idée qui en est, en fait, le personnage même. Et voilà ce qui en fait un cinéma réellement populaire que souvent les critiques rejettent car il est «trop simple» ou «trop facile». Un cinéma populaire qui en appelle à l'intelligence du spectateur, non à ses références cinématographiques. Un cinéma où il suffit d'aimer pour comprendre les personnages. Un cinéma où il suffit de regarder, yeux et oreilles grandes ouvertes. Un cinéma de plaisir, tout simplement. Martial Knaebel
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«Adolfo Aristarain est un maître du cinéma, un humaniste et un philosophe du quotidien. Le voir travailler avec le grand acteur Federico Luppi est toujours un grand plaisir.»
«Le premier long métrage de Glauber Rocha, qui a ouvert la boîte de Pandore de son génie.»
Un homme qui crie (2010)
Mahamat-Saleh Haroun
Tchad
87′
Adam, ancien champion de natation, est maître nageur à l’hôtel international de la ville. Son fils, Abdel, le seconde dans sa tâche. La guerre civile fait rage dans le pays et se rapproche de la ville. L’armée a besoin d’hommes et d’argent. Adam est harcelé par un «ami», membre du parti au pouvoir, qui attend de lui qu’il paie son écot à l’effort de guerre. La pression se fait plus forte alors que l’hôtel est privatisé, et que la nouvelle direction «rationalise». ****************************** Un reflet du monde Le réalisateur de Daratt revient avec une oeuvre dont le récit est, d’une part, fortement ancré dans la réalité de son pays, le Tchad, subissant toujours une guerre civile larvée, et souligne d’autre part le destin difficile des employés souffrant une autre guerre, économique celle-là, dont ils sont les premières victimes dans le monde entier. En liant ainsi privatisation de l’économie, accompagnée de son cortège de «rationalisations», et effort de guerre, où les pauvres sont encore une fois victimes, Mahamat-Saleh Haroun plante un décor parfait pour une tragédie du théâtre classique où le père n’aurait d’autre choix que de sacrifier son fils, pour porter, à jamais, le poids de cette douleur et de cette culpabilité. Cependant, il ne s’agit plus de questions d’honneur ou d’orgueil mal placées, mais de situations plus prosaïques, et les personnages ne sont pas des héros, mais des gens tout ce qu’il y a de plus ordinaire car chacun se doit de trouver une issue pour survivre au présent ou préparer son avenir. Un homme qui crie est donc fait de ce mélange subtil qui font les grandes oeuvres de cinéma en ayant une action dramatique qui nous tient en haleine durant toute sa durée à laquelle vient s’intégrer l’histoire contemporaine qui lui donne toute sa force. Surtout, Haroun a ce talent, en toute simplicité, sans effet autre que les silences et les pauses, de donner à ses personnages, eux-mêmes simples, une dimension universelle à partir de leur destin «local». Le personnage d’Adam, petit à petit, grandit et devient avec force la personnification de tous ces parents dont les fils sont partis à la guerre, et n’en sont pas revenus. Enfin, ce mélange subtil ne pourrait exister s’il n’était soutenu par une image paisible et un rythme qui permet la respiration, des personnages et du spectateur. Oui, Un homme qui crie se déroule peut-être en Afrique, mais c’est un film qui nous parle également de nous. Martial Knaebel
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«L'histoire d'un homme et de son fils essayant de faire face à l'époque et à la vie qui sont les leurs, essayant d'ignorer que ceux d'en bas sont toujours les premiers à perdre.»
La tierra y la sombra (2015)
Acevedo César Augusto
Colombie
98′
Alfonso est un vieux paysan qui revient au pays pour se porter au chevet de son fils malade. Il retrouve son ancienne maison, où vivent encore celle qui fut sa femme, sa belle-fille et son petit-fils. Il découvre un paysage apocalyptique. Le foyer est cerné par d'immenses plantations de cannes à sucre dont l’exploitation provoque une pluie de cendres continue. 17 ans après avoir abandonné les siens, Alfonso va tenter de retrouver sa place et de sauver sa famille.
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«Le film le plus beau et le plus émouvant du cinéma colombien contemporain, un chant pour ceux qui sont partis et pour ceux qui restent.»
Teza (2008)
Haile Gerima
Ethiopie
133′
Anberber revient dans son Ethiopie natale. C'est un homme blessé qui écoute et parcourt en claudiquant une campagne qu'il ne reconnaît plus, saignée par la guerre. Son enfance est bien loin. Entre-temps, il y a eu ses études de biologie en Europe et les espoirs levés par la chute du Négus, puis douchés par une autre dictature. Haïlé Gerima convoque l'Histoire dans une fresque émouvante superbement filmée. Teza met en scène un épisode de l'histoire de son pays, l'Ethiopie, dans une présentation analytique remarquable, au point que le récit ne paraisse jamais anecdotique. Au contraire, l'esprit analytique qui le sous-tend lui donne une dimension universelle. Il ne s'agit plus seulement du drame de la jeunesse éthiopienne des années 70 que nous avons sous les yeux, mais de tous ceux qui, dans le monde entier, étaient portés par l'espoir d'un monde nouveau en devenir. Anberber devient ainsi le personnage emblématique de cette époque, écrasé par un pouvoir trop vite oublieux des idéaux qui l'animait. Ce personnage, on pourrait le placer ailleurs en Afrique, en Asie, en Amérique latine, même en Europe, perdu par un échec qu'il cherche à comprendre, dévasté par les blessures, dans sa chair et son esprit. Le regard jeté sur cette époque par Haile Gerima est crû, sans concession aucune, mais il est aussi empreint d'une profonde humanité car il est fait de chair et de senti-ments et il nous montre aussi un Anberber qui saura réagir et reprendre vie. En faisant ainsi oeuvre de mémoire, Teza est un film qui se révèlera bien vite indispensable. Paradoxale-ment, on aura rarement éprouvé autant ce sentiment d'urgence, cette volonté catharti-que, à raconter l'Histoire. Mais cet aspect ne doit pas nous faire oublier que Gerima est avant tout, un cinéaste. Sa maîtrise de l'image et de la direction d'acteurs font ici merveille, où les plans majestueux sont capables de saisir à la fois la poésie des espaces de la cam-pagne éthiopienne et le drame des sentiments que vivent les personnages qui l'habitent. La tragédie d'Anberber, de ses amis et de sa famille prend ainsi, par la magie d'une mise en scène généreuse, la dimension de l'épopée émouvante de toute une génération. Martial Knaebel
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«La méditation de Haile Gerima sur le tragique déroulement de l'histoire de son pays, vue à travers une lentille personnelle et intime, avec un style sophistiqué et libre qui rappelle le jazz et l'impossibilité de dompter une création inspirée.»
Il était une fois en Anatolie (2011)
Nuri Bilge Ceylan
Turquie
151′
Dans le noir, au loin, de petites lueurs apparaissent. Quelques secondes et on s’aperçoit qu’il s’agit d’une colonne de trois voitures. Policiers, gendarmes et procureur sont à la recherche du corps d’une victime d’un meurtre. Plusieurs haltes, plusieurs explorations seront nécessaires pour enfin trouver le cadavre dans un petit matin blême. Le temps pour le spectateur de faire connaissance avec les membres de ce cortège officiel: commissaire, procureur, médecin, plus ou moins loquaces sur leurs vies et leurs drames personnels. Il suffit à Nuri Bilge Ceylan de quelques phrases, de quelques plans même pas rapprochés, pour que ses personnages prennent corps et nous révèlent tout de leurs vies. Il était une fois en Anatolie représente une magistrale mise en scène de la comédie humaine, turque sûrement, universelle, tout aussi bien. * * * De l’ombre à la lumière Il était une fois... Cela sonne comme un conte ou comme une histoire vraie, que l’un des protagonistes nous relate. Et comme toutes les histoires qu’on raconte, Il était une fois en Anatolie est faite de digressions apparentes qui enrichissent, en fait, le récit par strates successives. Ici, la trame est composée de deux parties bien distinctes - on pourrait presque parler des deux actes d’une pièce classique, l’unité de temps, d’action et de lieux étant scrupuleusement respectée: la recherche la nuit dans la campagne, et le rapport le matin à l’hôpital. Entre-temps, nous aurons eu l’occasion de faire connaissance avec chacun: le commissaire de police dont l’enfant est malade chronique, le jeune médecin divorcé et le procureur d’Ankara pas très futé, à moins qu’il ne se cache la réalité à lui-même... Nous aurons eu aussi le temps de faire la connaissance de la région - pourtant plongée dans une nuit noire! On se rend alors compte de la magie du cinéma de Nuri Bilge Ceylan, dont les images et les dialogues suggestifs nous en disent bien plus qu’il n’y paraît. Ainsi, aucune nuit n’est totalement aveugle, avec le temps, nos yeux s’accommodent de l’obscurité la plus totale et les détails du paysage se révèlent. Et la caméra de Gökhan Tiryaki - qui semble être devenu le chef opérateur attitré du réalisateur - prend son temps, ou plutôt nous laisse prendre le nôtre à distinguer les lignes et les courbes d’une campagne bien moins monotone qu’elle n’en a l’air, réservant même quelques fois des surprises et des sursauts. De la même manière, les paroles ou les phrases suspenduesdans le silence de la nuit se laissent ingurgiter tranquillement. Là aussi, des phrases anodines que les personnages se disent, mais qui se révèlent détenir un double sens ou un secret qui se dévoile petit à petit, au détour d’un mot, d’un point de suspension. Au lever du jour, de retour à la bourgade, les visages blêmes et fatigués se révèlent, un peu des âmes aussi, le procureur perd de son assurance, le commissaire ne cache plus ses sentiments, alors que le jeune médecin semble prendre la direction des opérations. L’économie des gestes et des mots préside toujours à la narration et la mise en scène, mais, encore une fois, avec des moments surprenants, parce qu’inattendus : finalement, les personnages sont-ils bien ceux qu’ils montrent? La magie du cinéma de Nuri Bilge Ceylan tient à cette faculté qu’il a de sonder, au sens premier du terme, une communauté, des individus, des sentiments et des attitudes, et d’en enregistrer les échos, puis de nous les mettre en scène, avec la virtuosité, le rendu des nuances et des tonalités, qui donnent le relief à son récit. Martial Knaebel
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«Ceylan avait déjà montré sa maîtrise dans ses films précédents, mais à partir de celui-ci, son cinéma a pris un nouvel envol poétique, vers l'infini, l'insondable. Les scènes nocturnes sont inoubliables.»
Timbuktu (2014)
Abderrahmane Sissako
Mali
95′
Timbuktu est occupée par les djihadistes qui y font régner leur ordre nouveau. Sous leur tente, Kidane et sa famille mènent une vie paisible qui semble loin de cette folie meurtrière. Leur destin basculera avec la mort d’Amadou le pêcheur, tué accidentellement par Kidane. A la folie de l’obscurantisme, Abderrahmane Sissako oppose un poème d’une profonde humanité, justement récompensé par le jury œcuménique du festival de Cannes. La caméra suit une gazelle galopant dans le désert, mouvements harmonieux, elle épouse la couleur et la texture du désert. Coups de feu, elle est chassée par un 4X4, objet outrageusement hexogène au décor qui l’entoure. Voici les djihadistes envahissant Timbuktu, imposant une loi tout aussi étrangère à une population paisible. Comme tous les films de Sissako, le récit se déroule à la fois dans une histoire linéaire, celle de Kidane, et par une suite de tableau installant une atmosphère, le tout dans un décor grandiose d’un désert merveilleusement filmé, dominé par les ocres du sable et des murs de la ville. Récit à la fois poétique, musical, chez Kidane, et traversé d’humour lorsqu’il s’agit de suivre les comportements des occupants incapables de communiquer leurs lois et leurs règles car ils ne connaissent pas la langue du lieu, ni ne sont vraiment capables de se comprendre entre eux. Récit intense, qui déploie une énergie émotionnelle extraordinaire lorsqu’une femme trouve encore la force, sous les coups de fouet, de chanter d’une voix déchirante. Les femmes, premières victimes de l’ordre nouveau islamique, sont aussi celles qui offrent le plus de résistance: Zabou la folle, tête à l’air qu’on n’ose pas toucher, Satima la femme de Kidane. A elles, aux autres, les djihadistes n’ont que la force de leur kalachnikov à opposer lorsque leur langue de bois ne les convainc pas eux-mêmes. La caméra magnifie ces courages, démonte le discours des extrémistes en montrant leur statut d’homme commun. Et si, au lieu de diaboliser ces «fous de Dieu», on les humanisait en les regardant tels qu’ils sont: des hommes ordinaires? Ils y perdraient à coup sûr leur dimension mythique aux yeux de beaucoup. Et c’est ce que fait, le plus simplement du monde, et de la plus belle des manières, Abderrahmane Sissako.
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«Un film sage et généreux, qui confronte l'intolérance depuis ses contraires, l'humour et l'émerveillement.»
Bal - miel (2010)
Semih Kaplanoglu
Turquie
100′
Le père du petit Yusuf est apiculteur. Il dépose ses ruches dans les branches hautes des arbres les plus grands de la forêt qui dévale de la montagne. Pour Yusuf, c'est un endroit empli de mystères où il aime suivre son père dans son travail. Lorsqu'il veut raconter son rêve à celui-ci, il est rembarré, car il ne faut jamais dire son rêve à voix haute, lui dit son père. Lorsque les abeilles se mettent à disparaître de manière incompréhensible, Yacup décide de porter ses ruches plus haut dans la montagne. Le petit Yusuf, lui, commence à bégayer à l'école, pour finalement garder le silence. Entre le père qui ne revient pas et le mutisme de Yusuf, l'inquiétude de la mère grandit. Ours d'Or 2010 au festival de Berlin, Bal (miel) est une plongée dans le monde de l'enfance où la beauté de la nature ne peut être que fantastique et mystérieuse. **** Dans la nature fantastique de l'enfance Il faut retrouver son âme d'enfant pour pleinement apprécier Bal, le cinquième film du jeune réalisateur Semih Kaplanoglu. Il faut la retrouver, car le film nous plonge dans le monde d'un petit garçon à l'imagination fertile, car la nature et les hommes sont filmés par le prisme du regard, des sentiments, de l'humeur et du moral du petit Yusuf. A cette condition, on pourra se laisser emporter par l'atmosphère magique que dégagent les images de ces montagnes turques, et de leurs habitants, aux abords de la Mer Noire. Celles-ci expriment aussi bien ce que Yusuf voit que ce qu'il ressent, donnant aux objets et aux personnages des dimensions parfois surhumaines, proches du fantastique des contes pour enfants. Et le jeune acteur Bora Altas - tout jeune puisqu'il a le même âge que Yusuf, 7 ans - a ainsi une présence imposante à l'écran, rarement vue pour un enfant, dans un registre où les sentiments peuvent apparaître dans toutes leurs nuances, qui nous renvoie à nos propres souvenirs, nous rappellent le monde que nous pouvions voir et ressentir quand nous étions enfants nous aussi. Cependant, il ne s'agit pas que de l'enfance, dans Bal. C'est aussi une ode à la nature, qui n'a rien à voir avec la nostalgie d'un monde perdu, mais au contraire d'un monde bien réel, où le destin des hommes et des plantes sont liés, où les méfaits des uns entraînant une réactions des autres. Une nature pourtant, dont la beauté rejaillit sur les êtres humains, sur le père Yacup, sur la mère, Zehra, et sur leurs gestes magnifiés. On a alors des couleurs intimistes de l'école hollandaise. Puis les plans, plus larges, s'emparent de la forêt, prennent l'ampleur de tableaux immenses, à la fois sonores et picturaux, où le peintre aurait su placer toutes les nuances du vert imaginables et qui habitent la nature, en fixer les mouvements les plus subtils et en saisir les moindres bruissements, jusqu'aux odeurs humides qui atteindraient nos narines. En ce sens, à l'image d'un Pourquoi Bodhi Dharma est-il parti vers l'Orient?, Bal est proche d'une expérience sensuelle totale. Exactement de celles que l'on pouvait avoir enfant.
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«Avec une délicatesse touchante, chaque scène semble avoir été peinte à l'huile.»
Quand passent les cigognes (1957)
Michail Kalatosow
Russie
91′
Dans l'ex-Union Soviétique, il y avait un cinéma d'Etat qui se perdait parfois dans l'ennui de la propagande et du sur-mesure. À la fin des années 1950, cependant, une production cinématographique indépendante s'est développée dans le cadre de la production étatique grâce à un climat culturel plus tard appelé «dégel». Le meilleur exemple en est ce film pionnier et légendaire qui s'élève de manière convaincante contre la guerre.
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«La maîtrise technique de Kalotozov est l'une des grandes merveilles de l'histoire du cinéma. Ses films sont pleins d'étonnement et d'audace.»
Nostalgia de la luz (2010)
Patricio Guzmán
Chili
90′
Au Chili, à 3000 mètres d’altitude, les astronomes du monde se rassemblent dans le désert d’Atacama pour observer les étoiles. Car la transparence du ciel est telle qu’elle permet de regarder jusqu’aux confins de l’univers. C’est aussi un lieu où la sécheresse du sol conserve intacts les restes humains: ceux des momies, des explorateurs et des mineurs. Mais aussi ceux des prisonniers de la dictature, que certaines femmes continuent de rechercher. Le désert d’Atacama Le désert est un immense espace hors du temps, fait de sel et de vents. Une parcelle de la planète Mars sur la planète Terre. Tout y est immobile. Pourtant, cette étendue est remplie de traces mystérieuses. Quelques villages vieux de deux mille ans sont toujours là. Les trains abandonnés dans les sables par les mineurs du 19e siècle n’ont pas bougé. Partout, il y a des ossements. Il y a aussi de gigantesques coupoles qui ressemblent à des vaisseaux spatiaux échoués et dans lesquelles vivent les astronomes. A la nuit tombée, la Voie Lactée est si lumineuse qu’elle projette des ombres sur le sol. Le présent invisible Pour un astronome, le seul temps réel est celui qui vient du passé. La lumière des étoiles met des centaines de milliers d’années à parvenir jusqu’à nous. C’est pourquoi les astronomes regardent toujours en arrière. Vers le passé. Il en est de même pour les historiens, les archéologues, les géologues, les paléontologues et les femmes qui cherchent leurs disparus. Tous ont un point commun: ils observent le passé pour mieux saisir le temps présent et futur. Face à l’incertitude de l’avenir, seul le passé peut nous éclairer. La mémoire invisible La mémoire assure nos vies, tout comme la chaleur de la lumière solaire. L’être humain ne serait rien sans mémoire -un objet sans palpitations - sans commencement et sans avenir. Après 18 ans de dictature, le Chili connaît de nouveau la démocratie. Mais à quel prix... Beaucoup ont perdu leurs amis, leurs parents, leur maison, leur école, leur université. Et d’autres ont perdu la mémoire, peut-être pour toujours. Patricio Guzmán
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