Littérature

Des films qui nous parlent des écrivains.

Borges - Los libros y la noche (2000)
Tristan Bauer
Argentine
79′
Allant et venant entre le documentaire et la fiction, le film aborde la vie et l'oeuvre de l'un des plus grands auteurs de langue espagnole: Jorge Luis Borges. La texture du film est une juxtaposition de documents d'archives et d'univers fascinants de labyrinthes infinis de bibliothèques et de livres. Walter Santa Ana incarne le personnage créé par l'écrivain argentin, qui n'est autre que Borges lui-même. Pour commémorer le centenaire de la naissance de Jorge Luis Borges, Tristán Bauer a réalisé un documentaire où se mêlent avec maîtrise, respect et poésie, des documents d'archives, des entretiens, des photographies retraçant les principaux moments de la vie de l'écrivain, de ses positions politiques et ses déboires avec le régime Perón à ses succès internationaux. Tristán Bauer ne se limite pas à un travail d'historien, mais restitue l'univers de l'écrivain avec sobriété et subtilité : puits infinis de l'étrange Bibliothèque de Babel, multiples couloirs, cercles, miroirs, escaliers et hexagones. Il part à la rencontre du monde de Borges, de sa fiction et parvient à évoquer l'atmosphère de ses poésies, de ses contes, de ses obsessions littéraires et métaphysiques.
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Jorge Luis Borges
Ken Bugul (2015)
Silvia Voser
Sénégal
64′
Ken Bugul est une écrivaine sénégalaise qui vit là où son âme est ancrée, en Afrique. Et sa vie est exceptionnelle. Le film que lui consacre Silvia Voser en fait une existence emblématique de la condition de toutes les femmes et de tous les rapports entre l’Afrique et l’Occident. Ken Bugul est considérée comme l’un des plus brillants écrivains sénégalais et de la littérature en langue française de ces dernières décennies. Au fil des ans, empreint d’une grande maîtrise de la langue française et d’une intransigeante attention apportée au respect de l’énoncé des signifiés de sa langue originelle, le wolof, ses romans sont devenus de véritables points de référence dans le domaine des études de linguistique. "Ce que vous lisez en français dans mes romans, c’est la façon dont on pense et parle, en wolof, dans mon village". L’histoire personnelle de Ken Bugul est assombrie par l’histoire mouvementée de l’Afrique. Elle naît en 1947 dans un village isolé du Sénégal alors colonie française. Son père a déjà 85 ans et sa mère les quittera quand elle n’aura que cinq ans. Cette expérience est fondamentale pour Ken Bugul. Mal aimée mais pleine d’énergie et de goût pour la liberté, elle fait d’exceptionnelles études pour une fille villageoise, à cette époque. En 1971, elle part en Europe poursuivre des études supérieures, elle y fréquente la haute bourgeoisie, y découvre de nouvelles idéologies et libertés, l’art moderne, la drogue, l’alcool, la solitude, l’incompréhension et le mépris, la prostitution par besoin d’affection. Comme elle écrit dans « Le baobab fou » : « Pendant vingt ans je n’avais appris que leurs pensées et leurs émotions. Je pensais m’amuser avec eux, mais en fait j’étais plus frustrée encore : je m’identifiais en eux, ils ne s’identifiaient pas en moi." C’est une jeune femme brisée qui rentrera, seule et pauvre, au Sénégal. Considérée comme folle, rejetée par sa famille et la société. Durant deux ans, elle dort dans les rues de Dakar, fréquente les marginaux, les mendiants, les prostituées et les artistes. C’est dans ces conditions, sale, affamée, presque dénudée, qu’elle commence l’ébauche de son premier roman « Le baobab fou ». Epuisée, elle rentre dans sa famille. Elle trouvera refuge, écoute et réconfort chez le Sérigne, un homme sage et vénéré. Il la prendra comme 28ème épouse, lui permettant ainsi de se réintégrer dans sa société et la soutiendra dans son désir d’écriture et de liberté. Il décède en 1981, un an avant la sortie de son premier roman « Le baobab fou ». C’est un succès. Ken Bugul est invitée à présenter son livre de par le monde, rencontre un médecin béninois avec lequel elle se marie et s’installe au Bénin. Ils ont une fille Yasmina. Il décède quatre ans plus tard. Depuis près de trente ans, roman après roman, Ken Bugul compose une peinture de sa vie de femme, de ses amours, des rapports entre son continent et l’occident. « Ecrire, dit Ken Bugul, c’est éblouir les sens, et les sens n’ont pas de couleurs ». Silvia Voser nous introduit avec délicatesse dans ce monde secret et tourmenté, celui d’une artiste dont l’œuvre nous projette vers une compréhension du monde rarement atteinte.
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Ken Bugul
Max Frisch, Citoyen (2008)
Matthias Von Gunten
Suisse
94′
Max Frisch était le dernier grand intellectuel suisse dont la «voix» a été largement entendue et appréciée au-delà des frontières de son pays: un personnage comme on n'en trouve presque plus aujourd'hui. Sur fond de XXème siècle finissant, le film suit l'histoire de Frisch.
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Max Frisch
Die Reise des Bashô (Deutsche Fassung) (2018)
Richard Dindo
Suisse
100′
Au Japon, les gens vénèrent aujourd’hui encore le poète et bouddhiste zen Bashô (1644- 1694). Il a passé les dix dernières années de sa vie en pèlerin sur les routes, sillonnant les différentes provinces de son pays. Pendant ses pérégrinations, Bashô, considéré comme le père spirituel de la poésie haïku japonaise, a tenu un journal de voyage avec des poèmes qui reflètent son style de vie méditatif. Dans le nouveau film du réalisateur suisse Richard Dindo, un moine dans le rôle du poète Bashô suit les traces de son journal en parcourant des paysages japonais, longeant rivières et lacs, traversant forêts et régions montagneuses. Des textes d’une profondeur atemporelle, magnifiquement lus par Bernard Verley, des musiques et des bruits de la nature, des images de paysages d’une beauté extraordinaire : « Le Voyage de Bashô » est une méditation émouvante, poétique et philosophique sur le temps, la vie, le vieillir et la mort, sur la beauté et l’immuabilité de la nature. Vers la version française: www.filmingo.ch/fr/films/634-le-voyage-de-basho-version-francaise
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Basho
Ex Libris –The New York Public Library (2017)
Frederick Wiseman
États-Unis
197′
Frederick Wiseman investit une grande institution du savoir et la révèle comme un lieu d’apprentissage, d’accueil et d’échange. La New York Public Library incite à la lecture, à l’approfondissement des connaissances et est fortement impliquée auprès de ses lecteurs.
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Paul Nizon: Un clou dans la tête (2020)
Christoph Kühn
Suisse
81′
Il est l’un des grands solitaires de la littérature contemporaine : Paul Nizon, né à Berne en 1929. Romancier et père de famille, il gagne d’abord sa vie grâce à des travaux journalistiques dans lesquels il critique son pays d’une plume acérée. Au début des années 1960, il se consacre entièrement à la littérature. Bien qu’il soit rapidement célébré comme auteur, il abandonne tout en 1977 : Nizon déménage à Paris, et prend le risque d’une libération radicale pour réaliser son rêve d’une existence poétique. Le « grand magicien de la langue allemande », comme le qualifie Le Monde, voit son œuvre, traduite en plusieurs langues, saluée par de nombreux prix et distinctions. « Paul Nizon : Un clou dans la tête » parle de la quête existentielle sans compromis de l’écrivain. Au cœur du film, l’aventure humaine de Nizon dans un appartement exigu, donnant sur une arrière-cour, là où il a passé ses premières années parisiennes : une sorte de poste-frontière où il lutte pour parvenir, en écrivain indépendant, à une autre vie, la vie en poésie. Avec éloquence, beaucoup d’humour et d’ironie, Paul Nizon accorde au réalisateur Christoph Kuhn l’accès à sa biographie et à son travail de création. Il se dessine ainsi le portrait intime, aux multiples facettes, d’un grand homme de lettres et d’un penseur incisif, pour lequel la prise de risque existentielle et la prise de risque dans l’écriture se fondent en une seule œuvre d’art.
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Paul Nizon
Max Haufler, der Stumme (1983)
Richard Dindo
Suisse
92′
Max Haufler détestait interpréter des rôles, mais en tant qu’acteur de genre, il a marqué le cinéma suisse des années 50. Devenu réalisateur, il n’a jamais rencontré le succès espéré. Sur ses vieux jours, il a tenté, en vain, de réaliser un film basé sur le roman «Der Stumme» d’Otto F. Walter. Max Haufer s’est battu pour son rêve, mais celui-ci a fini par le briser.
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