Director's Choice: Fredi M. Murer

«Höhenfeuer» de Fredi M. Murer a été élu «Meilleur film suisse de tous les temps» en 2015. Le Festival de Locarno rend hommage au cinéaste en 2019 avec le «Pardo alla carriera». Et filmingo présente les plus importantes de ses œuvres, dont le primodial film de montagne «Wir Bergler in den Bergen sind eigentlich nicht schuld, dass wir da sind» («Nous, les montagnards, ne sommes pas vraiment responsables de notre présence»). Fredi Murer nous recommande six de ses films préférés à découvrir ou redécouvrir.

«Trois hommes dans un chariot volé entreprennent une incursion top secrète dans une zone interdite abandonnée par les humains, comme si Tarkovsky avait pressenti Tchernobyl. C'est pour moi le film le plus mystérieux et le plus excitant du mystique du cinéma. Et chaque fois que je le revois, je me rapproche un peu de son secret.»
La ballade de Narayama (1982)
Shohei IMAMURA
Japon
130′
Inspirée d'un texte de Fukazwa Shichirò écrit en 1956, "La ballade de Narayama" est probablement le plus beau film du maître japonais Shohei Imamura, une histoire émouvante sur les questions primordiales de l'existence, mise en scène dans un paysage d'une extraordinaire beauté, dans une nature à laquelle l'homme appartient. Si le vieux maître japonais Shohei Imamura a situé son film dans le passé, c'est afin de souligner que notre société actuelle perd, ou a perdu en partie depuis longtemps déjà les vraies valeur de la vie. La ballade de Narayama est un livre d'images opulent, venu d'une époque où l'existence se rattachait à la terre, où la nature dominait chaque événement, de l'ivresse amoureuse à la mort. Nous pénétrons dès les premières images dans le paysage hivernal d'une vallée de montagne retirée, aspirant à la chaleur que promettent les petites cabanes nichées en son creux. Bientôt le printemps fera fondre la neige, et la vie se déploiera dans toute sa munificence. C'est dans le temps compris entre deux hivers que s'accomplit cette ballade, dont l'histoire est la vie même, dans la profusion de ses manifestations. Au cours de la narration, on verra peu à peu se détacher une figure centrale, celle de la grand-mère Orin. Nous la suivrons en automne dans la montagne, où selon la tradition elle se rend pour mourir. En paix avec elle-même, son existence terrestre achevée dans une sérénité reconnaissante, la septuagénaire se fait porter par son fils sur le mont de la mort et on ne peut guère imaginer évocation plus saisissante prend congé de la vie. Venir et partir en sont deux des composantes, et c'est d'elles que traite le film, de ces deux pôles entre lesquels se dessine l'existence. Walter Ruggle
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«Le roman de Shichiro Fukazawa qui est à la base de ce film littéralement fabuleux a été pour moi une source d'inspiration importante pour «Höhenfeuer». Cette histoire pleine de vie des habitants d'un village de montagne au 14e siècle est aussi une parabole visionnaire sur la surpopulation menaçante de notre planète.»
Cold War (2018)
Paweł Pawlikowski
Pologne
88′
Une histoire d’amour éternelle: Wiktor rencontre Zula lors d’une audition de chant. Sans trop réfléchir, il embauche la jeune femme à la voix divine. Un amour fou embrase immédiatement ces deux cœurs, et aucune limite ne semble pouvoir atténuer leur passion ardente. Mais le groupe de Wiktor subit de plus en plus les turbulences politiques et au début des années 50, lors d’un concert à Berlin Est, il saute sur l’occasion pour passer à l’Ouest. Tandis que Wiktor découvre le Jazz à Paris, Zula, restée en Pologne, poursuit sa propre carrière. Pourtant, même séparés, ils ne s’oublient pas. Que ce soit à Varsovie, à Paris ou à Split, la vie fait se croiser les chemins de ces deux amoureux, pour quelques heures ou un peu plus longtemps… Pawel Pawlikowski avait reçu un Oscar en 2015 pour son précédent film « Ida ». Dans « Cold War » il raconte l’histoire d’un amour impossible à une époque impossible. Tout semble les séparer : leur passé, leur tempérament, leur caractère, leurs idées politiques, les imperfections de chacun et les inévitables coups du sort, et pourtant, ils sont fatalement condamnés à être ensemble. Au Festival de Cannes, « Cold War » a gagné le Prix de la mise en scène 2018. Un film magnifique avec une musique fascinante et des images d’une rare beauté.
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«Rarement un film récent m'a autant fasciné. Une symphonie magistralement composée en noir et blanc qui est une expérience auditive rare, même les yeux fermés. L'histoire de la chanteuse Zula Lichon, qui tente de vivre sa vie et son amour derrière le rideau de fer, est interprétée d'une manière si stupéfiante par Joanna Kulik, que je lui décerne un Oscar.»
Giovanni Segantini (2015)
Christian Labhart
Suisse
85′
Artiste, anarchiste, marginal, sans-papiers: Giovanni Segantini était tout cela et plus encore. Il créa, la plupart du temps en plein air, des œuvres monumentales représentant la nature idéalisée des paysages de haute montagne. Tout au long de sa vie, il n’a cessé de grimper toujours plus haut à la recherche de la lumière, il est mort à 41 ans dans un refuge alpin de l’Engadine, à 2700 m d’altitude. Les textes autobiographiques de Giovanni Segantini – lus par Jean-Luc Bideau –, les extraits du bestseller d’Asta Scheib « Das Schönste, was ich sah » – lus par Marthe Keller –, la musique de Paul Giger avec le quartet Carmina et les impressions du caméraman Pio Corradi se fondent dans une cinématographie permettant de se plonger dans la vie et dans l’œuvre de Segantini. Aucun commentaire ne distrait le regard, la parole est au peintre lui-même. Les photographies en haute définition, réalisées par un appareil spécial, permettent de restituer les couleurs originales des peintures. Le film laisse entrapercevoir son enfance et sa jeunesse difficiles, nous fait participer aux mouvements intérieurs et aux crises d’inspiration de sa peinture, à son attitude contradictoire envers l’amour de sa mère et envers l’érotisme, enfin à sa lutte désespérée contre la mort. «J’ai connu le monde et toutes ses classes sociales; non pas de loin, mais j’y ai vécu et ressenti toutes les passions, les douleurs, les joies et les espoirs. J’ai traversé la dimension infinie de la tristesse, là où à la lumière du soleil et dans l’obscurité toutes les passions humaines s’agitent. J’ai vu des fleurs pleurer et des vers rire.» Giovanni Segantini
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«Deux talentueux magiciens de la lumière sont réunis dans ce film. L'un avec un pinceau et de la peinture, l'autre avec son œil dans l'objectif. «Segantini» est l'un des derniers des quelque 130 films que Pio Corradi a réalisés comme cameraman. J'ai eu la chance de travailler avec lui sur mes six derniers films.»
Antonio das mortes (1969)
Glauber Rocha
Brésil
99′
Antonio das Mortes est un célèbre tueur de cangaceiros. Il est chargé par un colonel propriétaire terrien de tuer un de ces rebelles, vivant sur ses terres au milieu des beatos, communauté mystique de paysans. Antonio le tue, puis prend la défense des beatos contre des tueurs à gages, les Jacungos, engagés par le colonel.
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«Rien qu'en entendant le titre de ce film, je suis soudain ramené à mes années 1968. Glauber Rocha était pour nous, jeunes cinéastes engagés politiquement, l'un de ces réalisateurs cultes dont nous avons essayé d'imiter les films aussi à cause de leur pouvoir anarchique visuel. Mais trouver la «grandeza» brésilienne dans son propre pays s'est avéré une vaine entreprise.»
«Cette comédie profondément humaniste sur le destin d'un enfant réfugié m'a laissé un sentiment de bonheur durable. Je me demande encore et encore comment il réussit à faire qu'en dix secondes, on sache qu'on est dans un film de Kaurismäki. Grâce à un enchaînement de perles scéniques, des personnages uniques et les meilleurs des dialogues les plus courts.»

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